Les Européens ont dénoncé, les 22 et 23 novembre, le rejet de l’appel du militant de Bahreïn, Nabeel Rajab, par la Cour d’appel, mercredi 22 novembre. Sa peine est de deux ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles », après avoir accordé des interviews télévisées au Bahreïn en 2015 et 2016.
Dans une déclaration à EUROPE, une porte-parole de l’UE a estimé, le 23 novembre, que ce rejet était « une évolution inquiétante qui ne favorisait pas la réconciliation nationale ». Elle a demandé la libération de M. Rajab, pour « raisons humanitaires », rappelant que l'intéressé avait purgé des peines consécutives d'emprisonnement depuis son arrestation malgré son mauvais état de santé.
Selon la porte-parole, « la suppression des voix dissidentes contribue à alimenter le ressentiment et l'instabilité ». « L’UE a exhorté le gouvernement de Bahreïn à montrer qu'il est engagé dans un véritable programme de réformes en défendant les droits universels à la liberté d'expression et de réunion et à réexaminer les accusations portées contre les citoyens accusés ou convaincus d'avoir exprimé pacifiquement leur opinion », a-t-elle ajouté.
La veille, le président de la sous-commission des droits de l'homme, Pier Antonio Panzeri (S&D, italien), s’était déclaré « vraiment alarmé » par la décision de justice « qui va à l'encontre du droit international et la détention de M. Rajab viole le droit à la liberté d’expression ». « Cette affaire n'aurait jamais dû être jugée et je demande donc au gouvernement de reconsidérer sa décision et de réexaminer l'appel à la lumière des preuves fournies par la défense », a-t-il ajouté. Le Parlement européen a appelé à de nombreuses reprises sa libération. (Camille-Cerise Gessant)