Les ministres européens des Affaires étrangères ont adopté, lundi 13 novembre, des sanctions à l’encontre du Venezuela, en raison de « l’inquiétude que leur inspire la situation dans le pays ».
Le Conseil de l'UE a décidé d’imposer un embargo sur les armes et les matériaux connexes susceptibles d'être utilisés à des fins de répression interne et des équipements et technologies destinés à être utilisés par le régime pour la surveillance ou l’interception d’Internet et des communications téléphoniques.
A aussi été adopté un cadre juridique concernant l'interdiction de pénétrer sur le territoire de l'UE et le gel des avoirs. Ce cadre permettra de sanctionner des personnes « responsables de violations graves des droits de l'homme ou d'atteintes graves à ceux-ci ou d'actes de répression à l'égard de la société civile et de l'opposition démocratique au Venezuela », ou dont « les actions, les politiques ou les activités portent atteinte d'une quelconque autre manière à la démocratie ou à l'État de droit au Venezuela ». Aucune personne n’est pour l’instant inscrite sous ces motifs.
Les mesures seront appliquées de « manière progressive et souple et sont susceptibles d'être étendues pour cibler les personnes impliquées dans le non-respect des principes démocratiques ou de l'État de droit et les violations des droits de l'homme », prévient le Conseil dans des conclusions sur le Venezuela. À l’inverse, ces mesures « peuvent être annulées en fonction de l'évolution de la situation dans le pays, en particulier la conduite de négociations crédibles et constructives, le respect des institutions démocratiques, l'adoption d'un calendrier électoral complet et la libération de tous les prisonniers politiques », précisent les ministres.
Dans ses conclusions, le Conseil rappelle que « seuls un dialogue constructif et la négociation peuvent, de manière durable, permettre de résoudre la crise actuelle et de répondre aux besoins urgents de la population vénézuélienne », précisant que l'UE était prête à apporter son soutien à des négociations crédibles. « L'UE demande au gouvernement de rétablir d'urgence la légitimité démocratique, notamment par la tenue d'élections libres et régulières, et à l'opposition de continuer d'œuvrer dans l'unité pour trouver une solution négociée aux tensions actuelles, dans l'intérêt du pays », ajoutent les ministres. Selon eux, « la mise en place d'une Assemblée constituante toute-puissante a encore davantage affaibli les institutions démocratiques et indépendantes ». L'UE a même « de sérieux doutes » quant à la légitimité et à la représentativité de cette assemblée établie début août (EUROPE 11843). Et elle « rappelle l'importance que revêt le respect des prérogatives de l'Assemblée nationale et de ses membres et de l'indépendance du pouvoir judiciaire ». Les ministres demandent aussi que toute la transparence soit faite sur les résultats des élections des gouverneurs du 15 octobre.
Fin octobre, sous l'impulsion des groupes PPE et ADLE, le Parlement européen avait attribué le Prix Sakharov 2017 à l'opposition politique vénézuélienne. Réunie sous la bannière Mesa de la Unidad democratica, celle-ci contrôle le parlement national que le régime Maduro a contourné avec la mise sur pied de l'Assemblée constituante (EUROPE 11892). (Camille-Cerise Gessant)