La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, tout comme plusieurs ministres des Affaires étrangères ont appelé, lundi 13 novembre, au retour du Premier ministre libanais, Saad Hariri, dans son pays.
M. Hariri a démissionné depuis l’Arabie Saoudite où il est actuellement. Bien que le Premier ministre démissionnaire se dise libre de ses mouvements, des doutes persistent.
« L’UE exhorte les forces politiques à se concentrer sur le Liban et sur ce qu’elles peuvent faire pour leurs citoyens, le Premier ministre à revenir dans son pays et le gouvernement d’unité à se concentrer sur les résultats domestiques », a expliqué Mme Mogherini, qui a appelé les partis politiques à travailler ensemble et à éviter la montée des tensions. Elle a précisé qu'elle s'attendait à ce qu’il n’y ait « aucune ingérence extérieure » et « nous croyons qu'il est essentiel que les tensions régionales ne soient pas importées au Liban ». La Haute Représentante a aussi annoncé qu’elle rencontrerait, ce mardi matin à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères libanais, Gebran Bassil.
Les chefs de la diplomatie ont aussi fait part de leur préoccupation. « Nous sommes préoccupés par la situation au Liban (…). Nous sommes soucieux de sa stabilité, nous sommes soucieux de son intégrité, nous sommes soucieux de la non-ingérence et nous sommes soucieux du respect de la Constitution libanaise », a ainsi expliqué le ministre français, Jean-Yves Le Drian, à son arrivée au Conseil. « Pour l’instant, M. Hariri se déclare libre de ses mouvements, nous n’avons pas raison de ne pas le croire », a ajouté M. Le Drian, prévenant que, pour avoir « une solution politique au Liban, il faut que chacun des responsables politiques ait évidemment sa liberté de mouvement et que la non-ingérence soit un principe de base ».
Pour le ministre allemand, Sigmar Gabriel, la démission de M. Hariri « entraîne une déstabilisation ». « Nous avons beaucoup d'incertitudes (…) donc, nous espérons que nous pourrons trouver une solution rapide, que le Premier ministre reviendra et que le Liban pourra maintenir sa stabilité », a-t-il ajouté. « Tout le monde veut voir un Liban souverain et indépendant », a expliqué le Britannique Boris Johnson.
« Ce dont nous n’avons pas besoin, c’est d’une crise au Liban », a prévenu le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, ajoutant qu’« une prise d’otage (de M. Hariri), si tel était le cas, n’était pas la bienvenue ». « Les autorités saoudiennes comprennent très bien le risque d’une telle manœuvre. Je pense qu’il faut, en Europe, lancer un appel pour que le Premier ministre puisse très très vite retourner dans son pays », a précisé le Luxembourgeois. « Il y a quelques doutes et pas de certitudes », a résumé le Belge Didier Reynders, concernant la situation de M. Hariri. « Je ne veux pas dire qu’il y a un problème ou non, je cherche juste plus d’informations sur le Premier ministre », a-t-il conclu.
Dans une interview diffusée le 12 novembre, M. Hariri a annoncé qu'il allait « très bientôt » rentrer au Liban. (Camille-Cerise Gessant)