La Commission européenne a adopté, mardi 7 novembre, sa proposition concernant les quotas de pêche 2018 dans l'Atlantique et la mer du Nord, avec notamment des hausses des prises prévues pour un certain nombre de stocks de sole, mais aussi l’interdiction complète de la pêche commerciale en mer de l’anguille.
Sur la base des avis scientifiques reçus, la Commission propose de maintenir ou d'augmenter les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas actuels pour 53 stocks en bonne santé et de réduire les captures pour 25 stocks en mauvais état.
L'augmentation de la taille de certains des principaux stocks (notamment la sole en mer du Nord, le merlu du Nord et le stock méridional de chinchards) entraîne une hausse de la rentabilité du secteur de la pêche, avec des bénéfices estimés à 1,5 milliard d'euros pour 2017, souligne la Commission européenne. « La persévérance des pêcheurs et les décisions prises en faveur d'une gestion responsable de la pêche démontrent que durabilité et rentabilité peuvent aller de pair », s’est félicité le commissaire européen à la pêche Karmenu Vella.
Selon les données de la Commission, 44 stocks sont désormais exploités au niveau correspondant au rendement maximal durable (RMD) alors qu'ils n'étaient que 5 en 2009. Il sera néanmoins difficile d’atteindre l’objectif fixé pour 2020 par la politique commune de la pêche qui prévoit que tous les stocks soient pêchés à des niveaux durables à cette échéance.
Les possibilités de pêche de sole relevées
Du côté des hausses, la Commission européenne prévoit notamment une hausse des prises pour quatre stocks de sole. Après avoir proposé une réduction drastique des possibilités de pêche en 2017, la Commission propose des quotas en hausse de 2 à 8% dans la Manche et le golfe de Gascogne. Ce dernier « revêt une grande importance socioéconomique et peut désormais, après avoir été soumis à un plan de gestion mené par le secteur, faire l'objet d'un quota augmenté », précise la Commission. Les possibilités de pêche sont également relevées pour la langoustine dans la mer du Nord (+4%), trois stocks de plie (entre +3% et +63%) et deux de chinchards (+21% l'Atlantique Ouest).
Côté réductions, les plus importantes concernent le hareng dans la Mer Celtique (-62%) et les anchois dans les eaux portugaises et le banc des Açores (-43%). En ce qui concerne la plie dans la Mer Celtique et le merlan à l'ouest de l'Écosse et en mer d'Irlande, un TAC nul est proposé.
Interdiction de la pêche commerciale à l’anguille
Enfin, la Commission européenne prévoit d’interdire la pêche commerciale des anguilles dans toutes les eaux de l'Union, pour faire suite aux avis scientifiques soulignant « l'importance de mettre fin à toutes les pêcheries qui ciblent les reproducteurs tant qu'aucune preuve manifeste de l'amélioration de l'état du stock n'aura été obtenue ». Les ministres de l’UE avaient reporté leur décision concernant l’interdiction totale de la pêche à l’anguille en Mer Baltique à l’occasion de leur négociation sur les quotas de pêche pour 2018 dans cette zone (EUROPE 11880). Ils avaient demandé à la Commission européenne de proposer un plan paneuropéen. C’est chose faite. Les négociations promettent d’être compliquées sur ce point.
Les ministres de la Pêche détermineront les TAC et quotas pour 2017 lors de leur réunion du 11 décembre à Bruxelles pour une application à partir du 1er janvier 2018.
Des données en attente
Des négociations internationales sont encore en cours pour nombre des stocks concernés (notamment avec la Norvège du 27 novembre au 1er décembre), et des avis scientifiques sont encore attendus pour d’autres. « Les chiffres pour ces stocks seront inclus ultérieurement, une fois que les négociations avec les pays tiers et au sein des organisations régionales de pêche auront eu lieu », indique la Commission.
Dans les semaines à venir, la Commission proposera des quotas supplémentaires, appelés « ajustements à la hausse des quotas » (top-ups), pour les pêcheries soumises à l'obligation de débarquement en 2018, selon laquelle toutes les captures d'espèces commerciales réglementées détenues à bord doivent être débarquées et déduites des quotas. Les quotas autorisés sont ainsi revus à la hausse afin de faciliter la transition vers le nouveau système sans rejets.