Une délégation de 200 maires catalans pro-indépendance et des représentants du secteur de l’industrie catalan anti-indépendance, membres de l’association Empresaris de Catalunya, sont venus à Bruxelles, mardi 7 novembre, pour se faire entendre, les uns et les autres, auprès des institutions et médias européens.
L’Association des municipalités catalanes (AMC) et l’Association des municipalités en faveur de l’indépendance (AMI), qui représenteraient plus de 80% des villes et villages de la région, selon leurs chiffres, ont organisé l’événement, alors que le président catalan destitué, Carles Puigdemont, réfugié à Bruxelles, fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen (EUROPE 11896). Ainsi, les maires catalans pro-indépendance ont organisé une marche devant les institutions européennes dans l’après-midi, avant de prendre la parole, en fin d’après-midi, aux côtés du M. Puigdemont, au Palais Bozar de Bruxelles.
Dans un entretien publié dans le quotidien belge Le Soir, lundi 6 novembre, la présidente de l’Association des municipalités en faveur de l’indépendance, Neus Lloveras, a expliqué que l’objectif de ce voyage était de faire remonter l’inquiétude et les griefs des villes et villages catalans au niveau européen et « de dénoncer le manque de sensibilité (…) en Europe sur ce qui se passe en Catalogne ». Mme Lloveras a expliqué au journal belge que la liberté d’association et de manifestation ainsi que la séparation des pouvoirs et la liberté d’expression étaient remises en cause par les autorités espagnoles.
Les entrepreneurs catalans anti-indépendance Un tout autre son de cloche s’est fait entendre du côté des entrepreneurs catalans, membres de l’Association des entrepreneurs de la Catalogne, qui, le même jour, ont cherché à envoyer un message contre les velléités indépendantistes. Selon les propos rapportés par Maria Udrescu, journaliste au quotidien belge La Libre Belgique, les entreprises membres de cette association, soulignant les conséquences économiques importantes que cause l’incertitude liée à la situation de la Catalogne, ont lancé un appel « pour sauver la Catalogne des séparatistes » dont « le populisme, le nationalisme, l’égoïsme, l’exclusion mettent en péril l’activité économique ». Les entrepreneurs ont conclu à l’absolue nécessité d’avoir une majorité « pro-constitution » le 21 décembre prochain pour garantir la stabilité économique de la région catalane mise sous tutelle.
La Belgique a déjà refusé un mandat d’arrêt européen de l'Espagne. La Belgique devra examiner le mandat d’arrêt européen pour remettre l’ancien président catalan, Carles Puigdemont, aux autorités judiciaires espagnoles. Pour ce faire, les autorités judiciaires belges ont 60 jours, avec la possibilité d’étendre de 30 jours supplémentaires les délais pour décider d’exécuter le mandat d’arrêt. La Chambre du Conseil belge examinera le dossier le 17 novembre à 14 heures. Selon le professeur Anne Weyembergh, spécialiste du droit pénal européen à l’Université Libre de Bruxelles, contactée par EUROPE (voir autre nouvelle), la Belgique aurait déjà refusé d’exécuter un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne en 2013 pour un membre présumé de l’ETA, l’organisation armée basque indépendantiste, justifiant son refus par les conditions de détention en Espagne. (Pascal Hansens)