Le ministre des Finances luxembourgeois, Pierre Gramegna, a informé ses collègues, mardi 7 novembre, de sa réticence à voir la future liste noire européenne assortie d’une liste de sanctions (EUROPE 11898). Selon nos informations, il aurait estimé qu’apparaître sur la liste était un facteur de dissuasion suffisant.
Son intervention suivait de peu l’annonce faite à son arrivée par le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, qui a proposé que les juridictions qui se retrouveraient sur la liste n'aient plus accès « au financement des grands organismes internationaux comme le FMI ou comme la Banque Mondiale (par exemple le financement de projets) ».
En salle, selon nos informations, le Royaume-Uni aurait, quant à lui, dit qu’il fallait être « raisonnable » dans les engagements demandés aux juridictions qui affichent un taux d’imposition à 0%. Londres considère que cela relève de leur liberté de fixer leur taux et de leur souveraineté fiscale.
53 pays ont été informés du fait qu’ils présentaient des risques. Huit de plus ont déjà pris des engagements. Huit n’ont jamais répondu et 22 ne présentaient pas de risque, dont les États-Unis, la Suisse ou le Canada. Un pays fait toujours l’objet d’un examen européen. (Élodie Lamer)