Cecilia Wikström (ADLE, suédoise) est rapporteur sur la réforme du système d’asile européen. Son rapport sur le règlement de Dublin a été adopté jeudi 19 octobre en commission des libertés civiles du Parlement européen et qualifié de « grand pas en avant » par le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni (EUROPE 11888). Elle a accordé quelques minutes à EUROPE, mardi 24 octobre, pour dire ce qu’elle attend maintenant des États membres. (Propos recueillis par Solenn Paulic)
Agence Europe : Les leaders européens ont décidé la semaine dernière de tenter de se mettre d’accord d’ici à l’été 2018 sur la réforme de Dublin, notamment en parvenant à un consensus. Qu’en pensez-vous ?
Cecilia Wikström : C’est fou, je ne peux pas accepter cela. Ce matin au Parlement (mardi 24 octobre, lors du débat sur les conclusions du Sommet européen des 19 et 20 octobre, NDLR) j’ai rappelé notre message. On a trouvé une grande unité sur ce sujet, entre 5 groupes politiques (le PPE, le S&D, l’ADLE, la GUE/NGL, les Verts/ALE) représentant les citoyens dans 28 États membres et nous avons une position. Il est choquant que le Conseil ne puisse pas venir avec une position. Moi je ne prends pas le ‘non’ pour une réponse. Ils devraient faire leur travail. La migration est une priorité pour la plupart des citoyens. Ils ont besoin de voir une position. Je serai pour ma part ouverte à la discussion quand je la verrai. Mais on doit faire cette réforme, le plus tôt possible.
AE : Pensez-vous que la réforme pourrait échouer et ne pas se faire avant les élections européennes de 2019 ?
CW : Non, elle se fera avant.
AE : Comment pouvez-vous, en votre position, influencer ces travaux au Conseil ?
CW : J’ai déjà eu plus de 60 rencontres, je me déplace dans les États membres. J’ai de nombreux contacts avec la France et le ministère de l’Intérieur et je compte vraiment sur Emmanuel Macron et son approche européenne pour peser. On cherche un support très large de ce côté, une inspiration. J’ai un rapport qui propose vraiment quelque chose au milieu. La France, l’Allemagne, la Suède, la Belgique... je pense qu’il y aura une grande majorité au Conseil et il n’existe pas de minorité de blocage.
AE : Êtes-vous en contact avec les Polonais et les Hongrois sur ce sujet ?
CW : Tout à fait. Je me suis déjà déplacée à Varsovie l’an dernier. Le PPE polonais, par exemple, est en faveur de ma réforme, certains élus PPE polonais l’ont même votée la semaine dernière. Ces deux pays devraient vraiment être à bord de la réforme, c’est le meilleur moyen pour eux.