La Commission européenne a annoncé, mardi 24 octobre, qu’elle allait mettre en avant, en 2018, trois domaines de travail dans le champ des affaires étrangères et de la politique de défense : la mise en œuvre de la Stratégie globale, une perspective d’élargissement réussi crédible, à l’horizon 2025, et le renforcement de l’efficacité dans le domaine de la politique étrangère.
Dans son document de travail 2018, la Commission annonce vouloir avancer sur la mise en œuvre de la Stratégie globale. Elle entend ainsi renforcer ses relations avec des « partenaires de premier plan, tels que l’Inde et l’Amérique latine ». La Commission devrait donc, en 2018, proposer une stratégie « pour connecter l'Europe et l'Asie », un partenariat renouvelé avec l'Amérique latine et les Caraïbes et de nouveaux cadres d'engagement avec l'Inde, l’Irak ou encore l'Iran. « L’accord historique conclu avec l’Iran sur son programme nucléaire a ouvert la voie à la reprise de relations élargies entre l’UE et l’Iran », rappelle la Commission.
Comme annoncé dans la lettre d’intention de son président, le 14 septembre (EUROPE 11861), la Commission va aussi présenter une « Stratégie pour une adhésion réussie de la Serbie et du Monténégro en tant que pays les plus avancés dans le processus d’adhésion avec un accent particulier sur l’État de droit, les droits fondamentaux, la lutte contre la corruption et le crime organisé et la stabilité globale de la région ». « S’il est certain qu’aucun élargissement supplémentaire de l’UE n’aura lieu durant le mandat de cette Commission et de ce Parlement, aucun candidat n’étant prêt à ce jour, nous devons toutefois offrir une perspective européenne crédible à l’ensemble des Balkans occidentaux. La perspective d’une adhésion à l’UE est un véritable moteur de réformes et un gage de stabilité dans la région », estime la Commission dans son document de travail. Le 12 octobre, le commissaire aux Négociations d’élargissement avait annoncé que la Stratégie serait plus large que pour les seuls Serbie et Monténégro et qu'elle serait publiée au premier trimestre 2018 (EUROPE 11881).
De même, la Commission souhaite travailler sur « une efficacité et une cohérence accrues dans la mise en œuvre de la politique étrangère commune », dans la perspective de 2025, en proposant une « Communication sur la possibilité de renforcer le recours au vote à la majorité qualifiée dans la politique étrangère commune (…) ainsi que sur le renforcement de la cohérence de la politique étrangère commune ».
La Commission estime aussi que les Européens doivent « coopérer davantage en matière de défense en mobilisant tous les outils à notre disposition, y compris le budget de l’UE ».
« Il existe d’excellentes raisons, tant sur le plan économique que sécuritaire, pour que l’industrie européenne de la défense innove et coopère davantage. Le Fonds européen de la défense doit jouer un rôle central à cet égard », explique la Commission, qui précise qu’elle donnera la priorité à la mise en œuvre rapide du Fonds, ainsi qu’à la proposition de programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense. (Camille-Cerise Gessant)