Pour des raisons de santé publique en particulier, une coalition multipartite de plus de 70 députés européens issus de tous les pays d'Europe du nord et d'est en ouest a plaidé, mercredi 25 octobre à Strasbourg, en faveur d’une abolition du changement d’heure biannuel en Europe, motivé à l'origine par des considérations d'économies d’énergie qui ne se sont jamais révélées conséquentes.
« Il y a un fort soutien et une argumentation forte pour changer la réglementation de l'UE sur le changement d'heure bisannuel », a expliqué à la presse le Tchèque Pavel Svoboda (PPE), président de la commission des affaires juridiques du PE et qui, accompagné par la Finlandaise Miapetra Kumpula-Natri, (S&D), le Polonais Andrzej Grzyb (PPE) et la Finlandaise Heidi Hautala (Verts/ALE), s'est exprimé au nom d'un groupe de travail de 70 députés, « dont le nombre ne cesse de croître », selon une source.
« Nous ne voulons pas abroger la directive de 2000 sur les dispositions relatives à l’heure d’été (daylight saving time) mais nous voulons la modifier de manière à préserver un régime européen unifié sans changement d'heure », a ajouté l'eurodéputé tchèque.
« Le changement d'heure engendre plus d'accidents de la circulation, plus de perturbations dans les familles et les entreprises. Les récents lauréats du prix Nobel de médecine ont prouvé que l'être humain a un biorythme fort. 20% des gens souffrent de problèmes de santé dus au changement d'heure et 80% d'entre eux ne le savent pas », a expliqué M. Svoboda.
« Le changement d'heure a été introduit pour économiser l'énergie. Mais ces économies n'ont jamais été réalisées. Il n' y a donc pas d'avantages, seulement des inconvénients », a-t-il poursuivi,
Une étude du service de recherche du Parlement européen sur les effets du changement d'horloge montre « très clairement » que son abolition serait bénéfique pour les citoyens européens et que ses gains seraient plus que marginaux. Ce que nous économisons en lumière, nous le dépensons sur le chauffage, un argument qui suffit à lui seul contre le changement d'heure, a fait valoir M. Svoboda.
Cette étude révèle aussi que les conséquences négatives sur la santé sont plus graves qu'on ne le pensait, a-t-il ajouté. Il a insisté sur le chiffre de 20% de la population ayant des problèmes de santé causés par le changement d'heure, porté par le professeur Martha Merow lors d'une audition au PE sur le sujet.
« Si nous prenons au sérieux l'initiative pour la 'meilleure réglementation', nous devons changer la réglementation. Il est maintenant temps d'agir », a insisté M. Svoboda, rappelant que la question avait été portée en plénière l'an dernier et lors d'une réunion avec la commissaire aux Transports, Violeta Bulc.
M. Svoboda a aussi annoncé que les parlementaires favorables à l'abolition du changement d'heure déposeraient prochainement, « possiblement en décembre » selon une source, une proposition de résolution appelant la Commission à présenter une proposition visant à supprimer le changement d'heure.
M. Svoboda a assuré que la démarche en faveur de l'abolition du changement d'heure bénéficiait d'un « soutien fort et croissant dans les États membres », notant qu'une commission parlementaire en Pologne avait décidé, il y a deux semaines, d'abolir l'heure d'été. « Ce n'est pas la bonne façon de procéder, puisque la compétence se situe au niveau de l'UE », a-t-il toutefois commenté.
En Finlande, des voix s'élèvent en faveur d'un référendum sur l'abolition du changement d'heure. En Suède et en Allemagne, les discussions sont engagées dans les Parlements. Dans beaucoup d'autres États membres, des signatures sont collectées contre l'heure d'été. (Emmanuel Hagry)