Les négociateurs se préparent pour un dernier tour de négociations sur le Brexit avant un sommet critique en octobre, mais aucune percée majeure n’est attendue.
Alors que le gouvernement britannique est peu disposé (et dans l’incapacité) à avancer sur la question de l’argent et que l’UE maintient fermement sa position sur le rôle des tribunaux européens après le Brexit, tout espoir est quasiment perdu d’assister à une avancée la semaine prochaine.
Il s’agit du cinquième tour de négociations depuis leur début en juin, et, bien que certains progrès aient été réalisés sur les droits des citoyens (les négociateurs espèrent signer un accord prochainement sur les prestations de sécurité sociale), de grandes divergences subsistent sur la question des membres de la famille, l’enregistrement des migrants et les tribunaux de l’UE.
Les responsables européens pressent toujours le Royaume-Uni d'avancer une offre sur le solde budgétaire. Il devrait notamment reconnaître être prêt à payer pour ses obligations passées, le célèbre « reste à liquider », dont la hausse aurait atteint un seuil record de 238,8 milliards d’euros à la fin de l’année passée, selon les auditeurs européens.
« Il est important qu’ils s’avancent et émettent davantage de propositions sur le fond, et qu’ils cessent les beaux discours », a déclaré un diplomate, interrogé sur les négociations.
Par ailleurs, le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, a vu sa position encore affaiblie suite à sa piètre prestation cette semaine lors de son discours à l’occasion de la conférence du parti conservateur. Ses fréquentes quintes de toux et l’irruption d’un protestataire lui tendant une lettre de licenciement lui ont définitivement fait perdre l’attention de son auditoire. Selon la presse britannique de ce vendredi, elle serait fortement poussée vers la sortie, mais aucun nom n’a encore émergé pour lui succéder.
Plusieurs sources à Bruxelles ont exprimé leur compassion à son égard, pourtant, les limites fixées par son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, sur le Brexit (dans les articles des journaux The Sun et The Daily Telegraph et lors de son discours à l'occasion de la conférence du parti) suscitent encore beaucoup de rancœur.
« Les gens ici ont été vraiment choqués », a rapporté une source. « Ils se demandent un peu qui dirige vraiment le parti ».
Plus tôt cette semaine, les députés ont demandé à l’UE de cesser les négociations sur le commerce, à moins qu’une « percée majeure » ne soit réalisée sur la question des citoyens, du solde budgétaire et de l’Irlande, les trois priorités de l’UE pour l’accord de sortie, au cours des négociations de la semaine prochaine (EUROPE 11875).
Mais les diplomates interrogés font part de leurs doutes à ce sujet.
« Ils comprennent comme nous que, sauf revirement de situation, il n'y aura pas de progrès suffisants réalisés en octobre », a déclaré le diplomate sous couvert de l’anonymat.
Selon certaines informations, des entretiens exploratoires portant sur une phase de transition pourraient avoir lieu, même en l’absence de progrès suffisants en octobre. Pour ce faire, le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, devrait toutefois demander et obtenir un nouveau mandat de la part des dirigeants européens.
Ces derniers devraient reconnaître certaines avancées en octobre et autoriser M. Barnier à entamer les discussions sur une phase de transition ou l’inviter à poursuivre les négociations sur l’accord de sortie.
Pendant ce temps, les ambassadeurs nationaux se sont réunis vendredi afin de soumettre l’offre de leur pays pour accueillir les deux agences européennes basées à Londres, l’Agence européenne des médicaments (EMA) et l’Autorité bancaire européenne (ABE), qui seront transférées après le Brexit. Aucune discussion n’a eu lieu à ce sujet, mais l’EMA a prévenu, dans une déclaration, que ce transfert devrait entraîner des pertes financières et d’emplois que le budget de l’UE devra compenser.
Yann Le Cam, représentant des patients au conseil de l’EMA a déclaré que la décision relative à la reconstitution devrait s’appuyer sur « la capacité de la nouvelle ville hôte à maintenir les effectifs actuels et à attirer de nouvelles personnes tout en conservant le même niveau de qualité ». (Version originale anglaise par Sarah Collins)