Les ministres de la Pêche de l’UE sont réunis le 9 octobre à Luxembourg pour un Conseil au cours duquel ils auront un échange de vues sur les consultations annuelles entre l'UE et la Norvège, une discussion sur la position de l’UE en vue de la réunion annuelle de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), mais surtout ils devront trouver un accord politique concernant les possibilités de pêche en mer Baltique en 2018.
Cabillaud
La Commission européenne propose une réduction totale de ces possibilités de 7% par rapport à 2017. C’est sur la question du cabillaud que les discussions devraient être les plus compliquées. Les services du commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, ont décidé de proposer pour le cabillaud de la Baltique occidentale, le même total admissible de captures (TAC) que l’année dernière, soit 5 597 tonnes (le Conseil avait décidé, pour 2017, une baisse de 56% des captures par rapport à 2016) et, pour le cabillaud en Baltique orientale, la Commission propose une baisse de 28%, à 22 275 tonnes en 2018 (dont 5 891 tonnes pour la Pologne, 5 184 t. pour la Suède et 5 117 pour le Danemark). Un certain nombre d’États membres ont déjà indiqué, lors de la réunion du Comité des représentants permanents (COREPER), le 4 octobre, qu’ils souhaiteraient « plus de cohérence » entre les deux approches.
L’ONG Oceana plaide pour que les TAC soient « conformes aux avis scientifiques et aux engagements pris dans le cadre de la politique commune de la pêche (PCP), en particulier pour mettre fin à la surpêche d'ici 2020 au plus tard ». Elle estime que la proposition de la Commission pour le cabillaud de la Baltique occidentale fixerait des limites de capture beaucoup plus élevées que ce qui est considéré comme durable. Selon elle, les TAC pour ce poisson en 2018 devraient se situer entre 1376 et 3541 tonnes.
Anguille
Autre sujet de négociation important : l’interdiction l’an prochain de la pêche à l’anguille marine dans les eaux de la Baltique – proposée pour la première fois par la Commission européenne. La plupart des délégations estiment qu’il s’agit d’un problème plus global et qu’il vaudrait mieux mettre en place une solution paneuropéenne plutôt que d’interdire totalement la pêche de l’anguille en Baltique.
Les autres propositions de la Commission européenne concernent les stocks de hareng et de sprat (hausse de respectivement 25% et 0,5% proposée en Baltique centrale, -54% pour le hareng occidental, -50% pour le hareng du golfe de Botnie et -7% pour le hareng de Riga), ceux de saumon (+ 9% par rapport à 2017) et de plie (-20%).
Norvège et thonidés de l’Atlantique
Les ministres des Vingt-huit procéderont par ailleurs à un échange de vues sur les consultations annuelles entre l'UE et la Norvège en 2018. Une première réunion de négociation est programmée du 27 novembre au 1er décembre à Bergen.
Le Conseil débattra également de sa position en vue de la réunion annuelle de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui se tiendra du 14 au 22 novembre 2017 à Marrakech (Maroc) (EUROPE 11875). Les discussions porteront tout particulièrement sur deux espèces : la thonine orientale et l’espadon.
Enfin, la Commission européenne informera le Conseil sur la mise en œuvre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).