La Commission européenne se réserve le droit de répondre à la nouvelle campagne publique lancée en Hongrie par le gouvernement de Vitkor Orbán contre l’homme d’affaires américano-hongrois Georges Soros, a indiqué lundi 2 octobre Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne.
« Nous évaluons la situation », a dit le porte-parole, précisant que la Commission répondrait en temps voulu.
Annoncée le 19 septembre et entamée en ce début de mois, la nouvelle consultation lancée par le gouvernement vise à sonder les Hongrois sur ce qu’il appelle le ‘Plan Soros’ qui consisterait à faire accepter un million de migrants par an dans l’Union européenne.
Le gouvernement de Viktor Orbán a déjà lancé plusieurs consultations dont une sur les compétences de Bruxelles à laquelle la Commission européenne avait d’ailleurs pris part pour donner sa version des faits. Intitulée Stop Bruxelles, cette consultation portait sur les prérogatives diverses de la Commission notamment en matière de migration.
Ainsi les citoyens étaient-ils invités à répondre à six questions, avec seulement deux réponses au choix, par exemple sur les attaques terroristes et l'entrée de migrants clandestins, pourtant autorisée par l’UE, indique le questionnaire.
Dans sa réponse à ces six questions fin avril (EUROPE 11775), la Commission avait déjà insisté sur le fait qu’il n’y a pas de « Bruxelles » en tant que tel, mais des États membres et des gouvernements qui doivent assumer les décisions prises en commun. Elle avait aussi réfuté les attaques de Budapest sur les migrants irréguliers et expliqué qu’elle faisait au contraire tout pour les empêcher de rentrer dans l’UE.
Cette nouvelle enquête, qui s’inscrit dans le cadre des élections législatives hongroises à venir au printemps 2018, comporte sept affirmations sur lesquelles les Hongrois doivent se prononcer, comme « George Soros cherche à convaincre Bruxelles d’installer chaque année au moins un million de migrants d’Afrique et du Proche-Orient sur le territoire de l’Union, y compris en Hongrie » ou bien « George Soros et les dirigeants de Bruxelles prévoient que les États membres de l’Union (y compris la Hongrie) démantèlent la barrière de protection afin d’ouvrir la frontière aux immigrants ». (Solenn Paulic)