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Bulletin Quotidien Europe N° 11874
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

L'abolition des quotas sucriers est « un tournant décisif pour le secteur européen », selon M. Hogan

Le régime européen des quotas de production de sucre a pris fin le 30 septembre. Après la fin des quotas laitiers en 2015, il s’agissait du dernier secteur où la production était encore soumise à un régime de gestion de la production. La Commission assure que tout a été préparé pour que l’atterrissage se fasse en douceur. 

Après 50 ans d’existence, les quotas européens de production de sucre ont été supprimés le 30 septembre. Ils avaient été instaurés en 1968, puis reformées à plusieurs reprises en 1974, 1981, 1999, 2001 et, enfin, en 2006. Leur abolition avait été définitivement entérinée dans le cadre de la réforme de la PAC de 2013 (EUROPE 10985). Une décision qui inquiète un certain nombre d’États membres (dont la Pologne, l’Espagne et l’Italie) ainsi que les organisations agricoles (Copa-Cogeca, betteraviers) qui auraient voulu que le régime soit prolongé jusqu’en 2020. Les utilisateurs européens de sucre (CIUS), au contraire, s’en félicitent.

Des outils encore disponibles

Mais assure la Commission européenne le secteur est paré pour l’avenir. « La fin du régime des quotas représente un tournant décisif pour le secteur sucrier européen et marque une nouvelle étape importante dans la mise en place d’une politique agricole commune davantage orientée vers le marché. Je suis convaincu que le secteur s’est bien positionné pour tirer parti des possibilités offertes par l’abolition de ce régime », a souligné le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan.

Entre 2006 et 2010, le secteur du sucre a connu une profonde restructuration pour le préparer à la fin des quotas. Il a bénéficié d’un financement communautaire de 5,4 milliards € pour des arrêts d’activité aboutissant à la réduction de la production sous quota d’environ 6 millions de tonnes (Mt) afin de le rendre plus compétitif.

La Commission européenne précise que le secteur reste couvert par un certain nombre d’outils : soutien couplé facultatif, stockage privé, accords collectifs entre agriculteurs et producteurs de sucre, quotas tarifaires d’importation ainsi que plusieurs clauses prévues dans le règlement OCM (Organisation commune des marchés) permettant à la Commission de prendre des mesures en cas de crise grave sur le marché. De plus, les exportations de sucre de l’UE ne sont plus limitées par le plafond de 1,374 Mt qui avait été imposé par l’OMC.

Augmentation de la production et des exportations, baisse des importations

L’UE est le premier producteur mondial de sucre de betterave (dont la France, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique sont les principaux producteurs européens).

Le quota de production de l’UE s’élevait jusqu’à présent à 13,5 Mt de sucre auxquelles s’ajoutait 0,72 Mt d’isoglucose (un édulcorant de substitution concurrent du sucre). Selon les prévisions de la DG AGRI, la production sucrière européenne devrait augmenter de 6 % entre 2016 et 2026 et celle d’isoglucose pourrait tripler pour s’établir à 2,3 Mt. Les importations continueront à baisser, de 3,5 Mt à 1,8 Mt, et les exportations devraient augmenter passant de 1,3 Mt à 2,5 Mt.

Depuis le printemps 2017, les prix internationaux ont diminué en raison d’un excédent de sucre au niveau mondial après deux années de déficit. Résultat : en septembre 2017, les prix sur le marché mondial se situaient aux environs de 311 € par tonne contre 501 €/t dans l’UE. Mais ils devraient probablement baisser dès le début de la nouvelle campagne pour se rapprocher des tendances mondiales.

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