Un haut diplomate européen a rappelé, jeudi 28 septembre, que l’accord sur le nucléaire iranien n’était pas un accord de paix entre l’Iran et le reste du monde mais un accord pour empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire.
« Ce n'est pas un accord de paix, mais un accord de non-prolifération qui est une partie importante de l'architecture mondiale de non-prolifération », a expliqué cette source à un petit groupe de journalistes dont EUROPE, ajoutant qu’il s’agissait d’un « accord solide qui s'inscrivait dans son objectif principal: empêcher l'Iran d'acquérir une arme nucléaire ».
Ainsi, tout en reconnaissant que les problèmes régionaux, qui impliquent l’Iran, tout comme les tests de missiles balistiques menés par Téhéran, représentaient de « grandes préoccupations », le diplomate européen a expliqué que ces questions devaient être « discutées » et que l’UE continuerait de les soulever. « Mais elles échappent à l’accord et doivent être traitées dans d'autres formats », a-t-il expliqué.
Ce diplomate a rappelé que l’accord sur le nucléaire contenait « des mécanismes de surveillance et de vérification très solides, des mécanismes de transparence ». « C'est une combinaison de restrictions nucléaires, de transparence accrue et de mesures de vérification », a ajouté cette source.
Ainsi depuis l’accord, l’Agence internationale de l'énergie atomique a certifié à sept reprises que le pays respectait son engagement, sur la base de centaines d’inspections au cours de la première année, y compris inopinées, sur le terrain.
En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 20 septembre à New York, « toutes les parties à l'accord (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, États-Unis et Russie) ont confirmé que toutes les parties mettaient en œuvre l'accord », a rappelé ce diplomate (EUROPE 11867).
Interrogée sur le fait que le président américain Donald Trump clame que Téhéran ne respecte pas l’accord, la source a expliqué qu’il existait un mécanisme de règlement des différends. Ce mécanisme fait partie de l'accord et toute partie, pour qui l'autre partie viole l'accord, peut renvoyer la question à la commission mixte. « Il existe un processus en place qui nous aiderait à gérer une crise, dans le cadre de l'accord », a-t-elle ajouté. Et d'insister: « Il est clair que l’accord ne peut pas être renégocié ».
Cette source européenne a aussi estimé qu’en pleine crise du nucléaire nord-coréen, l'accord avec l'Iran revêt « une importance particulière ». « Le message que vous donnez si vous ne respectez pas l'accord serait: 'Ne négocier pas, ne négocier pas en particulier avec l'Occident parce que les accords ne sont pas honorés' », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)