Les leaders européens ont chargé le président du Conseil européen, Donald Tusk, de mettre au point, d'ici à deux semaines, un programme de travail incluant les priorités d'action au niveau européen à adopter d'ici à fin 2018, jeudi 28 septembre, lors d'un dîner informel à vingt-huit en marge du sommet européen informel de Tallinn (voir autre nouvelle).
« J'ai reçu le mandat de traduire ce bon débat et les discours visionnaires que nous avons récemment entendus en un programme de travail concret », a déclaré M. Tusk, vendredi 29 septembre. Reposant sur la précédente feuille de route de Bratislava post-référendum britannique (EUROPE 11626) et la Déclaration de Rome de mars dernier (EUROPE 11754), ce programme de travail, qu'il a intitulé 'Agenda 2017/18 des leaders', inclura notamment le lancement, fin 2017, de la coopération permanente structurée en matière de défense, ainsi que l'approfondissement de l'Union économique et monétaire avec une emphase spéciale sur la finalisation de l'union bancaire en zone euro (EUROPE 11868). Référence sera faite aussi à un sommet du Partenariat oriental qui sera organisé au premier semestre 2018 sous présidence bulgare du Conseil de l'UE.
M. Tusk a rappelé les principes sous-tendant ces travaux : - maintenir l'unité des Vingt-sept et même des Vingt-huit ; - trouver des solutions aux problèmes concrets de nos citoyens, notamment en matière de sécurité, de migration et de lutte contre le chômage. « Ce ne sera pas une Europe à la carte. L'unité devrait être le principe cardinal, mais si nous ne sommes pas en mesure de nous mettre d'accord, nous devrions avancer » en format réduit, avec une avant-garde, a estimé le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.
Le président français, Emmanuel Macron, dont le récent discours de la Sorbonne appelant à une relance du projet européen oblige ses homologues à se positionner (EUROPE 11870), a vu dans les discussions menées à Tallinn « une prise de conscience collective d'un sursaut indispensable en Europe ». Il a loué « une nouvelle méthode » de travail permettant d'avoir « une discussion très libre » sur les perspectives d'avenir et prévoyant des « rendez-vous réguliers » pour accélérer la refondation de l'UE. Objectif : parachever en 2018 « une feuille de route commune » qui sera soumise au printemps 2019 aux électeurs européens en vue d'orienter le mandat de la prochaine Commission européenne.
Sceptique, la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, a demandé plus de clarté sur la substance des propositions à venir, mettant en garde contre « les mirages dans le désert » via son compte Twitter. (Mathieu Bion avec Sophie Petitjean)