La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a dénoncé, mercredi 20 septembre, la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan le 25 septembre prochain. Les tensions sont montées d’un cran depuis le 18 septembre avec la décision de la Cour suprême irakienne de suspendre le référendum au Kurdistan, décision rejetée par le président kurde, Massoud Barzani.
« L'UE réitère son soutien constant à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Irak. Les actions unilatérales, telles que le référendum proposé, sont contreproductives et doivent être évitées », a-t-elle souligné dans un communiqué.
Tout en reconnaissant qu’il fallait résoudre les problèmes « exceptionnels » existant entre Bagdad et Erbil, Mme Mogherini a estimé que cela devait se faire via « un dialogue pacifique et constructif conduisant à une solution mutuellement convenue fondée sur l'application complète des dispositions de la Constitution irakienne ». Cette Constitution reconnaît la région du Kurdistan comme une entité autonome, établit une nouvelle forme de relation avec cette région kurde, mais préserve les limites territoriales de l'Irak.
La Haute Représentante a annoncé que l’UE était prête à apporter son soutien à l’initiative des Nations Unies visant à faciliter le dialogue, si l’ONU le demandait. L'ONU propose d'aboutir à un accord, d'ici trois ans, entre le Kurdistan irakien et le gouvernement fédéral à Bagdad sur le statut de la région autonome. L'organisation recommande des négociations immédiates entre Erbil et Bagdad en échange d’un report du référendum.
Le 19 juin, dans leurs conclusions et sans nommer le Kurdistan, les ministres des Affaires étrangères avaient déjà souligné que « l'intérêt général du peuple irakien est mieux servi par le dialogue et la coopération », appelant à éviter les mesures unilatérales et à résoudre les questions en suspens en respectant les dispositions de la Constitution (EUROPE 11811). Ils appelaient aussi le gouvernement fédéral irakien et le gouvernement régional du Kurdistan à engager un dialogue constructif sur toutes les questions dans le spectre politique et économique, y compris les limites internes contestées.
Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, estime que, face à « un État religieux et confessionnel », il n’a pas « d’autre choix » pour préserver le droit des Kurdes que d'organiser ce référendum. Les Kurdes veulent un État indépendant à cheval sur l’Irak, la Syrie, la Turquie et l’Iran. 4,7 millions de Kurdes vivent en Irak, soit 20% de la population. (Camille-Cerise Gessant)