Le vice-président de la Commission européenne chargé de l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, a encouragé l'Ukraine, mercredi 20 septembre, à accélérer le processus de dégroupage (unbundling) de sa compagnie gazière publique Naftogaz, pour maintenir le transit du gaz russe destiné à l'UE à travers l'Ukraine.
« Nous avons besoin d'une accélération du dégroupage de Naftogaz pour créer une compagnie spéciale pour le transit du gaz de Russie vers l'Europe », a souligné M. Šefčovič lors d'un point presse à l'issue de la réunion informelle des ministres de l'Énergie de l'UE, mercredi à Tallin.
« Des entreprises européennes respectables sont prêtes à travailler en étroite collaboration avec les compagnies ukrainiennes (Naftogaz et Ukrtransgaz, NDLR) sur divers mécanismes de transport de gaz pour garantir le transit du gaz après 2019 (...) et donner des garanties en matière de transparence et de respect des normes européennes », a ajouté le vice-président de la Commission.
En avril dernier, Naftogaz et Ukrtransgaz et les énergéticiens italien, Snam, et slovaque, Eustream, ont signé un protocole d'accord visant à évaluer conjointement les possibilités de collaboration dans l'exploitation et l'amélioration du système de transport de gaz (GTS) en Ukraine. D'autres entreprises sont intéressées à se joindre au mémorandum, a laissé entendre M. Šefčovič.
La Commission met la réforme du secteur gazier ukrainien et le dégroupage de Naftogaz dans la balance en vue de nouvelles négociations sur le gaz entre l'Ukraine et la Russie, dans lesquelles elle joue un rôle de médiateur afin de sécuriser le transit du gaz russe vers l'UE à travers l'Ukraine après 2019.
Cette question est aussi importante en vue des négociations que la Commission souhaite conduire avec la Russie sur un cadre réglementaire pour l'exploitation du gazoduc Nord Stream-2 (EUROPE 11805).
Sur ce dossier, M. Šefčovič a dit mercredi avoir pour le moment « le soutien de 13 États membres » pour obtenir un mandat « ambitieux » afin de négocier avec la Russie un cadre juridique garantissant que la section offshore et la partie côtière de Nord Stream-2 fonctionnent en conformité avec les principes du droit international et le droit de l'UE en matière d'énergie et de concurrence. (Emmanuel Hagry)