L’Union européenne ne va pas pouvoir répondre seule aux défis qu'elle doit affronter - la crise migratoire, climatique, la défiance vis-à-vis de la mondialisation -, ont estimé, mercredi 5 juillet, les députés européens, lors d’un débat en plénière sur la réunion du G20 qui se tiendra en fin de semaine à Hambourg (EUROPE 11821).
Obtenir des résultats sur les nombreux défis actuels « est dans l’intérêt des personnes du monde entier », a d’ailleurs reconnu Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, à l’amorce du débat.
La crise migratoire « va nous accompagner pour un certain temps, des décennies », a-t-il d’ailleurs prévenu. « Il faut une réponse complète et globale » à ce phénomène, a-t-il ajouté. Bien sûr, cela ferait un « monde de différence, si les États membres tenaient leurs engagements et montraient de la solidarité avec les pays européens qui sont le plus affectés par ce défi, nous ne pouvons laisser l’Italie seule », a-t-il encore expliqué.
Sa compatriote, la députée Sophie in’t Veld (ADLE), lui a fait écho. « Nous sommes le continent le plus prospère du monde. Si nous ne pouvons pas gérer ce flux (migratoire), qui le pourra ? », a-t-elle dit. Elle a semblé se montrer particulièrement critique vis-à-vis du code de conduite présenté la veille par la Commission pour les ONG (EUROPE 11822). Mardi, Frans Timmermans avait estimé que ce code de conduite permettrait de clarifier les missions des différents acteurs des opérations de sauvetage et de lever les malentendus sur les activités réelles des ONG, sujettes à de nombreux procès d’intention et procès réels quant à leurs supposés liens avec les réseaux de passeurs. L’Italie a récemment menacé de fermer l’accès de ses ports aux bateaux d’ONG qui secourent les migrants en mer. « On ne peut pas reprocher aux ONG de sauver des vies », a dit Mme in’t Veld.
« Personne à la Commission n’accuse les ONG de quoi que ce soit. Les intentions des ONG sont nobles », a répondu Frans Timmermans. Et d’ajouter qu’un code de bonne conduite « pourrait être utilisé pour éviter les accidents en mer ».
Sur le climat et l’énergie, Frans Timmermans a appelé au maintien de la cohésion de ce qu’il appelle désormais le G19 (le G20 moins les États-Unis qui ont annoncé leur retrait de l’accord de Paris). Il a répété que cet accord ne pourrait pas être renégocié.
Le député français Yannick Jadot (Verts/ALE) a estimé que ce n’était pas suffisant de dire qu’il fallait respecter l’accord de Paris, alors que, selon lui, l’UE n’est pas sur la trajectoire du respect de ses engagements. Il a demandé que le G20 promette de mettre fin aux subventions publiques aux énergies fossiles.
Enfin, Frans Timmermans a expliqué que l’UE présenterait à ses partenaires internationaux sa réflexion sur la mondialisation « parce que nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il n’y a pas de protection dans le protectionnisme, mais il y a de l’isolement dans l’isolationnisme ».
Une lettre commune des présidents de la Commission, Jean-Claude Juncker, et du Conseil européen, Donald Tusk, sur le G20, appelle ce cénacle à suivre et évaluer les développements en ce qui concerne la numérisation de l’économie avec, en ligne de mire, une approche cohérente en ce qui concerne la fiscalité. L’UE entend adopter également une ligne ferme vis-à-vis de la liste internationale des paradis fiscaux, qu’elle juge insuffisante. (Élodie Lamer)