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Bulletin Quotidien Europe N° 11823
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Turquie

Les députés européens veulent une nouvelle relation entre l'UE et la Turquie

Les députés européens ont souhaité, mercredi 5 juillet, le développement de nouvelles relations avec la Turquie, alors que la situation des droits de l’homme dans le pays s’est dégradée depuis la tentative de coup d’État en juillet 2016.

Plusieurs députés ont ainsi appelé à la suspension des négociations d’adhésion, si les amendements à la Constitution étaient effectivement mis en œuvre. Pour l’Allemande Renate Sommer, au nom du PPE, le Conseil de l’UE doit ainsi « faire preuve de courage ». « L’adhésion n’est pas envisageable. Il est tout à fait normal de demander la suspension formelle. Cela ne veut pas dire de mettre fin aux négociations, mais nous y mettrons fin si les changements constitutionnels sont mis en œuvre », a expliqué Mme Sommer.

« Il faut dire haut et fort qu’il n’y a pas d’adhésion, car la Turquie ne remplit pas les conditions », a ajouté Alexander Graf Lambsdorff (ADLE, allemand). Il a aussi souhaité que le dialogue  entre l'UE et la Turquie soit replacé sur des bases solides, que ce soit sur la libéralisation des visas, les questions énergétiques, le tourisme ou encore l’union douanière.

De nombreux députés se sont exprimés sur la modernisation de cette union douanière, laissant faire apparaître des divergences. Mme Sommer et le Roumain Victor Bostinaru, pour le S&D, ont appelé à travailler sur cette modernisation, tout comme le rapporteur sur la Turquie, Kati Piri (S&D, néerlandaise), qui a estimé que cette modernisation aurait un effet positif et était « peut-être le seul levier pour que le gouvernement s’engage sur les normes de l’UE ». Mais pour la Suédoise Bodil Valero, au nom des Verts/ALE, « il est inimaginable de continuer à négocier, y compris une union douanière, à partir du moment où les violations des droits de l’homme perdurent ». Édouard Ferrand (ENL, français) a dénoncé le double langage de l’UE, qui s’oppose à la présence de la Turquie dans l’UE, mais qui, sur le plan économique, continue de mettre en place l’union douanière. Fabio Massimo Castaldo (ELDD, italien) a estimé, pour sa part, qu’évoquer la libéralisation des visas n’était « pas réaliste ».

Les députés ont aussi apporté leur soutien à la population et à la société civile turques, rendant par exemple hommage aux milliers de Turcs qui marchent actuellement d’Ankara a Istanbul pour protester contre la condamnation d’un député de l’opposition pour avoir dévoilé des secrets d’État. Pour Ben Belder (CRE, néerlandais), ces citoyens « ouverts, courageux méritent notre soutien ». « Notre engagement reste entier à l’égard de la population, de la société civile et de l’opposition, qui attendent de notre part un soutien, pas seulement pour leur survie, mais pour la préservation de ce qu’il reste de la démocratie », a ajouté M. Bostinaru. « Au sein du Parlement européen, nous devons être aux côtés de ceux qui croient aux mêmes valeurs que nous », a souligné Kati Piri.

L’UE doit s'exprimer avec plus de force

Plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse, Mme Piri, a critiqué l’attitude de la Commission et des États membres, dénonçant leur silence et leur inaction face à la situation en Turquie. « Nous sommes très inquiets à propos du manque de stratégie de la Commission et des États membres. Ceux-ci attendent, prient et espèrent que la situation s’améliore d’elle-même. Certains pensent que, si l’on ne dit rien, les problèmes s’évanouiront », a-t-elle expliqué. 

Hasard du calendrier, alors que le rapport sur la Turquie sera voté ce jeudi, le commissaire aux Négociations d’adhésion, Johannes Hahn, sera au même moment à Ankara où il devrait, entre autres, rencontrer le ministre pour les Affaires européennes, Binali Yıldırım. (Camille-Cerise Gessant)

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