Les membres de la commission des libertés civiles du PE (LIBE) ont continué de critiquer, lundi 26 juin, les manquements des États membres en matière de relocalisation des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie et ont dressé un état des lieux de la situation en présence de la Commission européenne.
Une situation « incroyable » pour la députée allemande Birgit Sippel (S&D) qui a vertement critiqué le Conseil de l’UE. Alors que la Commission a ouvert, il y a deux semaines, une procédure d’infraction à ce sujet à l’encontre de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque (EUROPE 11807), l'institution a estimé lundi que 10 000 personnes étaient actuellement présentes en Grèce et inscrites pour une relocalisation et déclaré que, si le rythme de relocalisation augmentait, les objectifs que s’est fixés la Commission pourraient être atteints pour le 26 septembre 2017, date à laquelle les dispositifs de relocalisation sont censés prendre fin. À ce jour, moins de 20 000 personnes ont été relocalisées depuis ces deux pays depuis septembre 2015.
Même si la Commission n’a pas pris la décision d’étendre ces dispositifs de relocalisation adoptés en septembre 2015, les États membres pourront toujours choisir de poursuivre les transferts de demandeurs d’asile après la date butoir. « Mais il est vrai que le rythme est trop lent et qu’il n’y a pas assez de relocalisations », a déploré un représentant de la Commission, Henrik Nielsen. Dès le départ, les États membres ont traîné à faire des offres et ont toujours présenté des engagements de relocalisation trop réduits, a dit cet intervenant qui a aussi critiqué le prétexte utilisé par certains États membres - « la sécurité » - pour refuser ces relocalisations.
Pour la Commission, face à cette apathie du Conseil, il faut plus que jamais sécuriser un accord sur la réforme du règlement de Dublin qui prévoit notamment un dispositif de solidarité et de relocalisation d’urgence. Cécilia Wikström (ADLE), rapporteur du PE sur le dossier, a proposé, dans son projet de rapport, que les États membres refusant d’accueillir des demandeurs d’asile ne soient pas éligibles à certains fonds européens de solidarité. (Solenn Paulic)