Les ministres de l'Énergie de l'UE sont parvenus dans la douleur, lundi 26 juin à Luxembourg, à dégager des approches générales du Conseil sur les projets de directives révisées relatives à l'efficacité énergétique et à la performance énergétique des bâtiments, deux textes clés du paquet pour l'énergie propre présenté par la Commission fin 2016, ouvrant la voie à d'âpres tractations sous Présidence estonienne avec le Parlement et la Commission, en particulier sur le premier des deux textes dont l'ambition est nettement revue à la baisse.
En ce qui concerne le projet de directive révisée sur l'efficacité énergétique, les ministres ont finalement accepté un compromis qui abandonne la mention indiquant le caractère contraignant de l'objectif de 30% d'efficacité énergétique à l'horizon 2030. Le texte mentionne seulement un objectif général de 30% d'efficacité énergétique.
Le compromis repose aussi sur une flexibilité en ce qui concerne l'objectif de 1,5% d'économies d'énergie obligatoire qui laisse la possibilité aux États membres de réduire cet objectif à 1% à partir de 2024, à moins que l'évaluation d'impact à moyen terme montre que l'UE n'est pas sur la voie d'atteindre ses objectifs à l'horizon 2030.
« Rentrer à la maison sans un compromis aurait été un désastre », a souligné le représentant de l'Allemagne qui, avec la France, la Suède, le Danemark et le Luxembourg, ont annexé une déclaration politique insistant sur le niveau d'ambition supérieur nécessaire pour que l'UE se conforme à ses engagements à l'égard de l'accord climatique international.
Aussi très déçu par la révision à la baisse de l'ambition du texte initial de la Commission, le commissaire à l'énergie, Miguel Arias Cañete, a lui aussi indiqué qu'il militerait au côté du Parlement européen pour inverser la tendance.
En ce qui concerne la directive révisée sur la performance énergétique des bâtiments, qui vise à promouvoir et soutenir la rénovation rentable des bâtiments et la décarbonisation du parc européen de bâtiments, secteur qui est responsable de 40% de l'énergie consommée en Europe, les ministres sont parvenus à un compromis sur une proposition qui oblige les États membres à établir des stratégies de rénovation à long terme, en s'attaquant aussi à la pauvreté énergétique.
Une autre caractéristique importante du texte révisé est la promotion de la mobilité électrique, en exigeant au moins un point de charge pour dix places de stationnement pour les véhicules électriques dans les bâtiments non résidentiels et le pré-câblage pour chaque stationnement dans les bâtiments résidentiels. Ces exigences s'appliqueront aux bâtiments avec plus de dix places de stationnement. (Emmanuel Hagry)