Les députés européens et leurs homologues des 78 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) liés à l'UE par l'Accord de Cotonou ont fait preuve d’une totale solidarité en matière de lutte contre le changement climatique et de sécurité dans la région du Sahel, lors de la trente-troisième session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, à Malte (St-Julian's), mercredi 21 juin. En revanche, s’agissant de l’attitude à adopter face à la situation des droits de l’homme au Burundi, c’est la division qui a primé, au point qu’aucune résolution n’a pu être adoptée, au regret des Européens.
Positions irréconciliables sur le Burundi. La gravité de la crise politique, sociale et sécuritaire dans le pays devait initialement faire l’objet d’une résolution d’urgence, mais après plusieurs votes à bulletin secret sur un texte de compromis ACP et un texte UE, députés européens et ACP ont dû constater que leurs positions étaient irréconciliables. Les négociations ont été interrompues du fait principalement de l’opposition du Burundi, avec lequel les ACP se sont montrés solidaires. Le projet de résolution de compromis proposé par l’UE (que 8 pays ACP pouvaient soutenir) a été jugé inacceptable par le Burundi. Ce pays, assurant que la situation des droits de l’homme s’améliorait, souhaitait inviter une délégation de l’APP à dépêcher une mission sur place préalablement au vote de toute résolution. Inacceptable pour les Européens. Le compromis européen condamnait « fermement les actes de violence, les meurtres et autres atteintes aux droits de l’homme depuis 2015 », s’inquiétait de « la perception d’impunité au regard des actes de violence et des atteintes aux droits de l’homme » et « du risque élevé que la situation actuelle crée des divisions plus profondes entre les différentes ethnies et débouche sur un conflit ethnique ». Il s'alarmait aussi du fait que le président de la République, Pierre Nkurunziza, n’exclut pas la possibilité de modifier la Constitution pour briguer un quatrième mandat à partir de 2020.
Soutien indéfectible à l’Accord de Paris sur le climat : dans une déclaration commune, l’Assemblée parlementaire paritaire (APP) réitère son soutien indéfectible à l’Accord de Paris sur le climat. Regrettant profondément la décision de l’Administration Trump de se retirer de cet accord, elle lance un appel au gouvernement des États-Unis afin qu’il revienne sur sa position et « invite d’ores et déjà les pays de l’UE et du groupe ACP à travailler avec les acteurs américains qui le souhaitent à coopérer à la réalisation des objectifs de la COP 21 ». L’APP félicite Fidji pour ses préparatifs en tant que Présidence de la COP 23 (Bonn, 6-17 novembre) et souligne que cette COP doit, en particulier, relever les défis auxquels sont confrontés les pays les plus vulnérables, parmi lesquels, notamment, les petits États insulaires en développement, les PMA, les pays enclavés et les pays côtiers. Elle appelle aussi à l'accélération des travaux sur l'adaptation et l'accès aux financements - des questions essentielles pour les pays les plus vulnérables aux changements climatiques.
S'attaquer aux causes profondes de l'insécurité au Sahel. Dans une résolution d’urgence sur la situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne, députés européens et ACP soulignent que seule une action collective fondée sur une stratégie robuste permettra des résultats décisifs contre le terrorisme. Ils appellent à combattre les causes profondes nourrissant le terrorisme, la famine et l’instabilité que constituent la pauvreté, la mauvaise gouvernance, la corruption et les conflits armés. (Aminata Niang)