L’Union européenne a appelé la Chine à libérer tous les défenseurs des droits de l’homme incarcérés ou condamnés en raison de leurs activités, a souligné le Service européen pour l’action extérieure, à l’issue du 35e cycle du dialogue UE-Chine sur les droits de l'homme qui s'est tenu jeudi 22 et vendredi 23 juin à Bruxelles, alors qu'il y a, selon l'UE, « une détérioration des droits civils et politiques » dans le pays.
« L'attente de l'UE, telle que réitérée lors du Dialogue, est que tous les individus détenus dans le cadre de leur défense des droits de l'homme soient libérés », a souligné le SEAE dans son communiqué, ajoutant qu’ils devraient être représentés par un avocat de leur choix, avoir la possibilité de rencontrer les membres de la famille, avoir accès à une assistance médicale appropriée au besoin, que les allégations de mauvais traitements fassent rapidement l’objet d’une enquête.
Les restrictions à la liberté d'expression en Chine et les problèmes systémiques dans le système de justice pénale, y compris les cas de détention arbitraire et les allégations de torture, tout comme la liberté d'assemblée et d'association pacifiques, notamment la mise en œuvre de la loi sur la gestion des activités des ONG, ont ainsi été débattus par les délégations, menées, du côté UE, par la directrice générale adjointe pour l'Asie et le Pacifique au SEAE, Paola Pampaloni, et, du côté chinois, par la Représentante spéciale pour les droits de l'homme au ministère chinois des Affaires étrangères. L’UE a aussi soulevé quelques cas particuliers, notamment celui du prix Nobel de la paix chinois, Liu Xiaobo. Ce dernier, qui souffre d’un cancer, a été libéré il y a quelques jours, a annoncé son avocat, lundi 26 juin.
Européens et Chinois se sont également entretenus sur la migration et les droits des réfugiés et la liberté de religion et des convictions, les droits des personnes appartenant à des minorités, en particulier au Tibet et au Xinjiang.
Lors du sommet UE-Chine du 2 juin dernier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait déjà fait part des préoccupations européennes concernant le respect des droits de l'homme en Chine (EUROPE 11801). (Camille-Cerise Gessant)