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Bulletin Quotidien Europe N° 11809
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / GrÈce

Optimisme de rigueur sur le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière

Toute sortie de route accidentelle du 3ème plan de sauvetage grec semblait exclue, jeudi 15 juin à Luxembourg, au démarrage de la réunion de l'Eurogroupe.

L'objectif d'Athènes et de ses créanciers institutionnels était de finaliser la 2ème mission de suivi du plan d'aide, étape qui ouvrirait la voie à un déblocage d'une nouvelle tranche d'aide et éviterait un défaut de paiement grec. Cette tranche, payable en plusieurs fois, avoisinerait les 8,5 milliards d'euros afin notamment de couvrir le remboursement de titres de dette grecque détenus notamment par la BCE et le FMI et arrivant à échéance fin juillet.

Pour cela, les pays de la zone euro étaient appelés à constater officiellement que les Grecs avaient accompli les 140 actions préalables qui leur étaient demandées. Chose inédite dans le cadre d'un plan de sauvetage, le Parlement grec a dû adopter des mesures de consolidation budgétaire à hauteur de 2% du PIB à appliquer après la fin du plan de sauvetage mi-2018 (EUROPE 11799). En échange, les Grecs pourront adopter des mesures sociales ou favorables à la croissance, notamment dans la perspective des élections législatives de 2019.

« La Grèce a rempli tous ses engagements. Pour nous, c'est fait », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, demandant en conséquence aux partenaires de la Grèce de prendre « aussi leurs responsabilités ». Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est dit « optimiste » quant à un accord sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide.

Première inconnue : l'allègement à moyen terme de la dette grecque

L'inconnue résidait surtout, jeudi en fin d'après-midi, sur le niveau de précision du langage qui serait employé pour d'éventuelles mesures d'allègement de la dette grecque que les créanciers d'Athènes pourraient arrêter mi-2018, uniquement s'ils le jugent nécessaire. La Grèce, qui veut bénéficier du bouclier de la BCE, et le FMI le réclament. L'Allemagne et, derrière elle d'autres pays du Nord, se refusent à prendre des engagements plus précis que ceux énoncés en mai 2016, surtout à deux mois d'élections législatives (EUROPE 11784, 11557).

Les accords passés demeurent « le cadre » de référence des discussions, a dit M. Schäuble.

Mais le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que la proposition française de lier remboursement de la dette grecque au niveau de croissance en Grèce (une idée défendue en son temps par l'ex-ministre grec Varoufakis) était « sur la table ». Il faut « des perspectives claires et durables sur la dette », a-t-il estimé, convaincu que de nouveaux éléments sur cette question controversée était autant dans l'intérêt des Grecs que de la zone euro.

Deuxième inconnue : la participation du FMI

Le niveau de précision du langage de l'Eurogroupe sur l'allègement à moyen terme de la dette grecque sera déterminant pour le FMI. Celui-ci participera financièrement à un plan d'aide à la Grèce s'il considère la dette grecque, actuellement à près de 180% du PIB national, sous contrôle et viable à long terme.

« Nous avons travaillé très dur pour réduire les différences », a déclaré Christine Lagarde, directrice du FMI, à son arrivée à Luxembourg. Espérant « une bonne solution » à la fin des négociations, elle a fait valoir l'attitude « constructive » du Fonds, basée aussi sur « des principes ».

Plus tôt dans la journée, le directeur du Mécanisme européen de solidarité, Klaus Regling, avait rappelé que l'expression de la solidarité de l'Eurozone vis-à-vis de la Grèce équivalait à « 9,9 milliards d'euros » d'économies budgétaires annuelles via l'octroi de prêts obtenus à bas taux d'intérêt. (Mathieu Bion)

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