Les autorités espagnoles souhaitent s'impliquer dans la réflexion sur l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM), alors que la Commission européenne dévoilera, mercredi 31 mai, un document de réflexion spécifique dans le cadre du processus ouvert début mars avec son Livre blanc sur l'avenir de l'UE (EUROPE 11736).
« Ce que nous demandons, c'est ce que nous avons toujours demandé : une meilleure gouvernance de la zone euro qui englobe des éléments d'une union budgétaire, d'une union bancaire en plus de l'UEM qui existe déjà, et d'une union économique », a déclaré Alfonso María Dastis, ministre espagnol des Affaires étrangères, lundi 15 mai à Bruxelles. Interrogé sur la stratégie du gouvernement Rajoy pour convaincre l'Allemagne, il a souligné la cohérence de la démarche espagnole sur cette question.
D'après le gouvernement espagnol, qui a transmis ses propositions à l'institution européenne, l'Eurozone doit être refondée en cherchant l'équilibre entre responsabilité et solidarité budgétaires, selon des informations qu'a publiées le même jour le quotidien El País.
Madrid plaide autant pour un respect strict des règles du Pacte de stabilité et de croissance que pour la création d'instruments de solidarité tels qu'une capacité budgétaire propre à la zone euro, gérée par un Trésor européen, qui viendrait en aide à un pays procédant à des réformes. Cette capacité budgétaire soutiendrait d'abord les investissements et les gains de productivité, et pourrait ensuite servir partiellement d'assurance-chômage.
À noter que l'Espagne remet, par ailleurs, sur la table, le concept de mutualisation partielle de la dette des pays de la zone euro via l'émission d'euro-obligations. Elle plaide par ailleurs pour une finalisation de l'union bancaire en zone euro à travers la concrétisation du volet 'garantie des dépôts bancaires'. (Mathieu Bion)