C’est une profession de foi dans la nécessité et les vertus du multilatéralisme qu’a faite la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, au siège des Nations Unies à New York, le 9 mai – Journée de l’Europe. Ce fut pour elle une occasion de célébrer l’Accord de Paris sur le climat comme l’un des grands succès de la coopération internationale pour relever le défi mondial de la lutte contre le changement climatique et d’inviter les États-Unis à rester engagés dans cet accord universel.
Son appel a été lancé au nom de l’UE à l’heure où il se précise, par la voix de la Maison-Blanche, que Donald Trump clarifiera sa position, après sa rencontre avec les dirigeants du G7 (26-27 mai, Taormina - Italie) axée sur l’économie mondiale, la sécurité des citoyens et la viabilité environnementale.
« Au-delà de notre continent, nous sommes le partenaire indispensable d’un monde plus coopératif, plus multilatéral et plus pacifique. Un partenaire indispensable des Nations Unies et de tous ceux qui considèrent le multilatéralisme comme la clé d’un ordre mondial qui fonctionne », a déclaré la Haute Représentante en soulignant combien la paix et la sécurité, la croissance, le développement durable et les relations internationales sont liés.
Selon Mme Mogherini, la famine dans la Corne de l’Afrique, par exemple, « doit nous rappeler que le changement climatique est réel et exerce un impact sur notre sécurité. Tout est lié ». « Nous continuons d’escompter que les États-Unis trouveront un moyen de rester engagés envers l’accord de Paris. Je sais qu’un débat est en cours et nous le respectons. Mais 195 pays ont signé l’accord sur le changement climatique et il y aura 195 voies différentes d’atteindre les objectifs de Paris et d’honorer l’Accord. Je suis convaincue qu’il sera possible, pour l’Administration américaine, de trouver son propre chemin, en restant partie à ce que le monde entier a décidé, ensemble », a-t-elle estimé.
Si l’UE et les Nations Unies partagent la même approche, c’est selon Mme Mogherini, parce qu’elles sont toutes deux à la recherche de « solutions gagnant-gagnant », fondées sur le compromis.
« Quand nous parlons de multilatéralisme, il ne s'agit pas d'une profession de foi rhétorique. Ce n'est pas une posture idéologique, mais un choix calculé et pragmatique tout à la fois. Aucune puissance mondiale n'est assez forte pour mettre seule un terme aux crises de notre temps », a précisé la Haute Représentante. Et d'affirmer, à cet égard, que « l'Accord de Paris est la bonne approche pour les défis de notre temps. »
L’appel téléphonique entre le Président chinois et le Président français élu, Emmanuel Macron, le 9 mai, a permis à Xi Jinping d’assurer la France de son soutien pour « défendre » l’Accord de Paris dont la mise en œuvre est actuellement négociée à Bonn.
Le même jour, le Trans-Atlantic Business Council (TABC), cette association représentant les entreprises européennes et américaines, écrivait une lettre ouverte au Président Trump pour exprimer leur plein soutien à l’Accord de Paris et souligner que la participation américaine à sa mise en œuvre permettrait, non seulement de limiter la hausse de la température mondiale, mais aussi aux entreprises américaines de rester compétitives dans la course aux nouvelles technologies et de fournir de nouvelles opportunités d’investissement et de création d’emplois. « Un retrait de l'Accord de Paris risquerait de désavantager l'industrie américaine par rapport à ses partenaires internationaux », estime Tim Bennett, directeur général du TABC. (Aminata Niang)