Les États membres de l'UE devraient accorder une attention particulière aux besoins des femmes dans les zones rurales, notamment pour mettre un terme au dépeuplement des campagnes, ont estimé, mardi 28 février, les députés des commissions de l’agriculture et des droits des femmes.
Entre 2005 et 2010, 2,4 millions de petites exploitations familiales dans l'UE ont disparu. En adoptant (56 voix pour, 5 contre et 3 abstentions) mardi le rapport de Marijana Petir (PPE, croate) et de Maria Lidia Senra Rodríguez (GUE/NGL, espagnole) sur les femmes et leurs rôles dans les zones rurales, les députés jugent nécessaire de promouvoir l'accès des femmes au marché du travail. Ceci devrait devenir une priorité dans les futures politiques de développement rural, ajoutent-ils.
Les députés estiment que les femmes ont besoin d'incitations pour rester dans les campagnes et d'avoir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, par l'intermédiaire de divers services (structures de garde d’enfants, soins de santé, foyers pour personnes âgées, services de remplacement en cas de maternité et/ou maladies).
30% des exploitations dirigées par des femmes. En 2014, les femmes représentaient environ 35% de la durée totale du travail dans l'agriculture, réalisant 53,8% du travail à temps partiel et 30,8% du travail à temps plein. Cependant, en moyenne, seulement 30% des exploitations agricoles de l'UE sont gérées par des femmes et les députés notent qu'une grande partie du travail effectué par les épouses et les autres femmes de la famille dans les exploitations agricoles est souvent « invisible ».
Le fait de ne pas être propriétaire d'une entreprise agricole empêche l'accès aux droits associés à cette propriété tels que les paiements uniques.
Reconnaissance juridique. L'UE et les États membres devraient, selon les députés : - promouvoir l’accès des femmes à la propriété ou la copropriété des fermes agricoles ; - faciliter un accès équitable à la terre ; - assurer les droits de succession et faciliter l'accès au crédit pour les femmes. Grâce au statut professionnel et à la sécurité sociale, les femmes auront également accès à des prestations (congés de maladie et de maternité).
Le rapport demande d’éliminer rapidement tout écart de rémunération et de retraite entre les hommes et les femmes. Les députés encouragent les États membres à surveiller régulièrement la situation des femmes dans les zones rurales et à fournir des statistiques actualisées sur les disparités salariales entre hommes et femmes et la participation des femmes au marché du travail. Ils demandent à la Commission d'inclure dans ses propositions sur la prochaine réforme de la PAC (politique agricole commune) une mise à jour des sous-programmes destinés à créer de nouveaux emplois pour les femmes dans les zones rurales. Ce rapport sera discuté et voté lors de la session plénière d’avril du PE. (Lionel Changeur)