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Bulletin Quotidien Europe N° 11736
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ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

Pour M. Hug, la situation dans l’est ne changera pas tant que les armes lourdes ne seront pas retirées

Le chef adjoint de la mission spéciale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Ukraine, Alexander Hug, a appelé, lundi 27 février, au retrait par les deux parties des armes lourdes dans l’Est de l’Ukraine, retrait sans lequel il n’y aura pas de changement sur le terrain. Selon les accords de Minsk de février 2015, ces armes ne devraient plus être sur la ligne de contact.

« À moins que les armes soient retirées, la situation ne changera pas », a expliqué M. Hug à un petit groupe de journalistes dont EUROPE, ajoutant aussi qu’avec ces retraits des armes lourdes, « de nombreux dommages et tensions pourraient être réduits ».

La situation sur le terrain est loin d’être apaisée. « Nous enregistrons toujours des centaines de violations du cessez-le-feu tous les jours, voire même des milliers », a souligné M. Hug. Entre le 20 et le 26 février, l'OSCE a constaté une augmentation de la violence « d’environ 9% dans l’ensemble ». « Ce qui est le plus inquiétant – c’est qu’il y une augmentation, presque par 4, de l'utilisation d'armes qui ne devraient pas être là », a ajouté le chef adjoint de la mission. Il y a eu, le 24 février, 2841 violations relevées par la mission de l’OSCE, 593 le lendemain et 446 le surlendemain.

M. Hug n'a pas fait preuve d'optimisme : « Les ingrédients pour une poussée supplémentaire (de violence) persistent pour le moment. Il y a deux causes à cette tension : la présence d'armes lourdes dans cette zone de sécurité et la proximité des positions dans ces zones ». Selon lui, « il manque une action des parties pour enlever ces armes et pour créer une distance entre les parties et, à moins que cela ne se produise, une éruption (de violence) comme nous l'avons vu fin janvier - début février est probable, et les dommages que cela pourrait avoir sur la population civile élevés ».

M. Hug a précisé que la situation humanitaire dans certaines poches de combat était dramatique. « Plus cela dure, plus (les civils) continuent à souffrir. Et si un argument devait être trouvé, c’est celui de l’humanitaire. Il ne devrait pas y avoir d'agenda politique qui devrait passer outre ces préoccupations », a-t-il ajouté. Entre le 1er janvier et le 24 février 2017, 16 civils ont été tués et 59 blessés dans les violences.

Le chef adjoint est aussi revenu sur le difficile travail de la mission, régulièrement prise pour cible. « Nous avons eu un peu d'interférence dans notre travail», a-t-il expliqué. Dernier exemple en date, le 24 février, dans Yasynuvata, contrôlée par le République populaire de Donetsk (DPR) : une patrouille, qui tentait de lancer un drone afin de surveiller le possible pilonnage de la station de filtration d'eau de Donetsk, a été prise pour cible par des hommes armés qui lui ont aussi volé le drone. Sur la seule période du 13 au 19 février, la mission s’est vue refuser 33 fois un accès à une zone, dont 27 fois dans des zones non contrôlées par le gouvernement. « Dans les zones non contrôlées par le gouvernement, la restriction est plus sévère, agressive et intimidante dans sa nature que dans les zones contrôlées par le gouvernement », a expliqué M. Hug. (Camille-Cerise Gessant)

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