L’UE et l’Indonésie ont formalisé leur coopération pour la croissance 'verte' et 'bleue' en lançant, mercredi 22 février, un groupe de travail conjoint sur l’environnement et le climat. La nouvelle a été annoncée le même jour par le commissaire à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, Karmenu Vella, depuis Djakarta, à l’issue de sa rencontre avec la ministre indonésienne de l’Environnement et des forêts, Siti Nurbaya LHK.
Lutte contre la pollution marine, protection de la biodiversité, lutte contre la déforestation, lutte contre le trafic d’espèces animales et végétales menacées, économie circulaire, adaptation aux impacts du changement climatique et croissance sobre en carbone pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris seront les nombreux domaines d’activité de ce groupe de travail. Dans une tribune publiée le 21 février dans la presse indonésienne (The Jakarta Post), M. Vella a donné la mesure des enjeux, étroitement imbriqués, de cette coopération au service du développement durable.
Lutter contre la pollution marine, « qui pourrait conduire à ce qu'en moins de dix ans, les océans pourraient contenir plus d'une d'une tonne de plastique pour trois tonnes de poisson », sera naturellement une priorité dans le cadre des efforts déployés pour renforcer la gouvernance internationale des océans (EUROPE 11665). L'UE accueillera, en octobre 2017 la quatrième conférence 'Our Oceans 2017' et c'est l'Indonésie qui, en 2018, sera l'hôte de l'événement.
« L’UE et l’Indonésie sont des partenaires pour maintenir nos océans en bonne santé, mais pas seulement. Nous coopérons aussi pour garantir la durabilité des ressources terrestres vertes. Les paysages forestiers de l’Indonésie sont des lieux uniques de biodiversité, ils fournissent des revenus aux communautés, des abris à tous contre les événements climatiques extrêmes. Cela fait de l’abattage illégal du bois ou de la production non durable d’huile de palme des défis d’importance cruciale, puisque les conséquences sont à la fois sociales, économiques et environnementales », a souligné le commissaire.
En matière de lutte contre la déforestation, une étape clé a été franchie en novembre dernier avec la délivrance des premières licences FLEGT (acronyme anglais pour Forest Law enforcement, Governance and Trade) pour l’exportation vers l’UE du bois indonésien légalement récolté et ses produits dérivés, dans l’intérêt d’une exploitation durable de la ressource forestière (EUROPE 11677).
Parce que l'UE est « importatrice de bois précieux, de beaux poissons et de peaux de serpent », le commissaire estime qu'il est du « devoir » de l'UE d'accroître la coopération avec l'Indonésie pour lutter contre le trafic mondial d'espèces sauvages « en ciblant les groupes criminels qui contrôlent ce commerce illégal » juteux (20 milliards d'euros par an).
La transition vers une économie circulaire en est à ses balbutiements et nécessitera d'être accélérée. « C’est un grand plaisir de voir que les principes de l’économie circulaire – l’utilisation intelligente des ressources, le minimum de déchets, une réutilisation et un recyclage maximum des matériaux, gagnent du terrain parmi les entreprises indonésiennes. Une économie plus circulaire nous aidera aussi à réduire nos émissions de carbone, un objectif auquel nous avons tous souscrit en ratifiant l’Accord de Paris », a déclaré le commissaire Vella. (Aminata Niang)