Dans un rapport sur l'évolution de la dette publique italienne, la Commission européenne conclut que, sans les mesures additionnelles équivalentes à au moins 0,2% du PIB que le gouvernement s’est engagé à adopter d’ici avril 2017, la trajectoire de réduction de la dette à moyen terme ne sera plus en conformité avec les règles du Pacte de stabilité et de croissance.
Pour autant, la décision de recommander, ou non, l’ouverture d’une procédure de déficit excessif à l'encontre de l’Italie ne sera prise que fin avril, sur la base des prévisions économiques de printemps de la Commission.
L'institution européenne prévoit que la dette continuera d’augmenter en 2017 pour atteindre 133,3% du PIB, avant de se stabiliser en 2018. Les projections italiennes sont plus optimistes et prévoient que la dette italienne recommencera à diminuer en 2017, passant à 132,6% du PIB. En raison de cette dette élevée, l’Italie reste exposée à tout risque lié à une hausse soudaine des taux d'intérêt sur les marchés financiers.
Le gouvernement italien s’est déclaré prêt à augmenter les recettes fiscales et à réduire les dépenses publiques pour apaiser les inquiétudes de la Commission. Il n’a pas, à ce stade, donné de détails sur ses plans (EUROPE 11724).
L’institution européenne note en particulier dans son rapport que le coût des retraites est le deuxième plus élevé dans l’UE après celui de la Grèce, même si certains autres aspects lui permettent de conclure que l'Italie est bien placée en termes de risques sur la viabilité à long terme du système. La Commission note également des retards dans la mise en œuvre du plan de privatisations italien.
« Un risque additionnel pour les finances publiques est lié au possible coût supporté par le gouvernement pour la recapitalisation des banques faibles italiennes et la compensation de détenteurs d’obligations subordonnées, de même que les garanties pour les prêts toxiques titrisés », écrit la Commission. D'après elle, les chiffres du déficit et de la dette pourraient être revus à la hausse après le feu vert donné par le Parlement italien à un paquet de 20 milliards d'euros destiné à financer la recapitalisation du secteur bancaire.
En juillet 2016, conformément aux règles de flexibilité inscrites dans le Pacte de stabilité, l’Italie a été autorisée à dévier de 0,35% de PIB de sa trajectoire budgétaire (0,1% en vertu de la clause 'réforme structurelle' et 0,25% de la clause d’investissement).
Les mesures équivalentes à 0,2% du PIB réclamées d'ici à fin avril sont une condition pour l’octroi de cette flexibilité, explique la Commission. Si cette condition n’était pas atteinte, il « serait nécessaire d’enquêter pour voir si la déviation de la trajectoire d’ajustement sous la clause d’investissement a effectivement été utilisée dans le but d’augmenter l’investissement ». Or, la Commission prévoit « une légère baisse des investissements publics en 2016, à confirmer ».
Dans un autre rapport présenté mercredi, la Commission relève une série de déséquilibres macroéconomiques en Italie, tels que l'ampleur de la dette publique, la faible productivité, le taux de chômage élevé, surtout des jeunes, et le niveau des prêts toxiques qui mine les bilans des banques italiennes. (Élodie Lamer)