La résistance aux antimicrobiens continue de menacer la santé publique et la santé animale en Europe. Telle est la conclusion du rapport sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) dans les bactéries publié mercredi 22 février par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
La résistance aux antimicrobiens correspond à la capacité d'un micro-organisme à résister à un traitement antimicrobien auquel il était sensible auparavant. Selon les estimations de la Commission européenne, dans l’UE, la RAM est responsable de 25 000 décès et provoque plus de 1,5 milliard d'euros en soins de santé et en pertes de productivité par an.
Le rapport, qui porte sur l’année 2015, s’inquiète de la résistance des bactéries de Salmonella à plusieurs antimicrobiens. Il note une résistance aux antibiotiques carbapénèmes dans des bactéries d’E. coli, à la colistine dans des bactéries de Salmonella et d’E. coli ainsi qu’aux fluoroquinolones et aux macrolides dans les bactéries de Campylobacter coli.
Il souligne également que les niveaux de résistance aux antimicrobiens en Europe continuent de varier selon la zone géographique ; les pays de l’Europe du Nord et de l’Ouest indiquant généralement des niveaux de résistance inférieurs aux pays de l’Europe du Sud et de l’Est. Marta Hugas, chef de l’unité sur les contaminants et les dangers biologiques à l'EFSA, commente : « Ces variations géographiques sont très probablement liées à des différences dans l'utilisation des antimicrobiens dans l'UE ». Le rapport 2015 se concentre sur les porcs et les bovins. Il est accompagné d'un outil de visualisation, qui affiche des données pays par pays sur les niveaux de résistance de certaines bactéries présentes dans les aliments, chez l'animal et chez l'homme. Ces données devraient aider la Commission à rédiger son plan d'action sur la résistance aux antimicrobiens qui sera publié au cours de l'été. (Sophie Petitjean)