Le vice-président américain, Mike Pence, a tenté, lundi 20 février, de rassurer ses interlocuteurs, soulignant, que ce soit avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, ou avec celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la détermination américaine à continuer de construire sur la coopération et le partenariat avec l’UE.
Le vice-président a annoncé la volonté de son pays d’« approfondir le partenariat économique et politique », rappelant que si un océan séparait l’UE et les États-Unis et « quelles que soient nos différences », les deux continents étaient liés par le même héritage et les mêmes valeurs. « Nous sommes convaincus que ce lien durera et se resserrera dans les années à venir alors que nous abordons notre avenir ensemble », a-t-il ajouté devant M. Tusk.
Pour sa part, M. Juncker a estimé que ce n’était pas le moment de diviser les Européens et les Américains. « Nous sommes partenaires depuis si longtemps, la stabilité mondiale dépend fortement des bonnes relations entre l’UE et les États-Unis », a-t-il expliqué, ajoutant que les États-Unis avaient besoin d’une Europe unie. « Nous comptons sur le soutien sincère et sans équivoque des États-Unis à l'idée d'une Europe unie », a insisté, pour sa part, M. Tusk alors que le président américain, Donald Trump, avait salué la décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE.
M. Pence a insisté sur la coopération en termes de sécurité et de lutte contre le terrorisme « Nous devons être forts et unis dans nos efforts pour faire face à la menace à la sécurité et la stabilité en Europe », a-t-il expliqué, rendant hommage aux victimes des attentats de Bruxelles. Il a souligné la « détermination » des États-Unis à continuer de faire tout leur possible dans leur partenariat avec l’UE et ses alliés en Europe « pour s’assurer que de telles attaques ne se répètent jamais ». M. Pence a invité les Européens à « rejoindre les États-Unis pour continuer à intensifier nos efforts pour contrer la menace du terrorisme islamique radical ». Selon lui, cela va nécessiter une plus grande coordination, un partage de renseignements entre les États membres de l’UE et entre l’UE et l’OTAN. « Notre sécurité est basée sur l'OTAN et la coopération transatlantique la plus étroite possible. Nous devons travailler ensemble à moderniser les formes de cette coopération », a ajouté M. Tusk, tout en insistant sur le fait que l’OTAN, tout comme les valeurs sur lesquelles l’Alliance est fondée, n’est pas « obsolète ». Dans une interview, M. Trump avait estimé que l’Alliance était « obsolète » (EUROPE 11704).
De grandes paroles mais rien de concret
Alors que la position américaine sur l’Ukraine n’est pas claire, le vice-président américain a rappelé l’attachement de son pays à la souveraineté et l’intégrité territoriale. « Les États-Unis vont continuer à tenir la Russie pour responsable et lui demandent d’honorer les accords de Minsk en commençant par la désescalade de la violence dans l’est de l’Ukraine », a-t-il ajouté, appelant les deux parties à respecter le cessez-le-feu. Mais il a aussi expliqué que les États-Unis allaient « chercher de nouvelles voies pour un nouveau terrain d’entente avec la Russie ». Le maintien de l’ordre international, fondé sur le droit international, « où la force brute et l'égoïsme ne déterminent pas tout », « ne peut avoir lieu qu’à travers une politique commune, mutuellement favorable et décisive de l'ensemble de la communauté occidentale », a souligné M. Tusk.
Rappelant que les économies européenne et américaine étaient les plus importantes du monde, M. Pence a expliqué que les Européens et les Américains avaient réaffirmé « leur engagement pour des économies libres, équitables et florissantes ». « Maintenir et renforcer notre vitalité économique va nécessiter des choix assez difficiles, mais nécessaires », a expliqué le vice-président, sans donner plus de détails. Il n’a fait aucune référence aux négociations sur le TTIP, alors que M. Trump semble peu enclin à conclure des accords commerciaux. (Camille-Cerise Gessant)