Quatre phtalates - le DEHP, DIBP, DBP et BBP – ces substances chimiques toxiques utilisées pour assouplir le plastique, ont été ajoutés à la liste des substances extrêmement préoccupantes au titre du règlement REACH (1907/2006/CE) sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques, en raison de leurs propriétés perturbatrices endocriniennes. Cette avancée a été qualifiée d'« historique » par l'ONG HEAL (Health and Environment Alliance), vendredi 17 février.
La décision a été prise à la suite d'un vote favorable des experts des Vingt-huit, intervenu la veille au sein du comité réglementaire REACH, sur une proposition de la Commission. Ces quatre phtalates, dont la reprotoxicité est déjà avérée, sont désormais également reconnus comme des perturbateurs endocriniens pour l’homme. Ils ne pourront être mis sur le marché que si la Commission les autorise pour une application spécifique et devront faire l’objet d’une évaluation préalable de leurs risques pour la santé.
« C’est la première fois que le système REACH reconnait des substances chimiques comme étant hautement préoccupantes à cause de leurs propriétés perturbatrices endocriniennes pour l’homme. La prochaine étape majeure sera d’en finir avec la fiction qui voudrait qu’on puisse établir des niveaux sûrs pour les perturbateurs endocriniens en vue de les réglementer en conséquence », a déclaré Lisette van Vliet, de HEAL, dans un communiqué.
Le Danemark qui, depuis 2011, réclame une réglementation adéquate de ces phataltes dans l'UE, travaille en coopération avec l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) en vue de proposer l'interdiction totale d'utiliser ces substances dans les produits avec lesquels les consommateurs entrent en contact – y compris les produits importés. (Aminata Niang)