L'UE est « préoccupée » par le fait que la commission interaméricaine du thon tropical (CIATT) ne soit pas parvenue à adopter des mesures de conservation solides et étayées par la science pour le thon tropical dans l'océan Pacifique oriental, a indiqué la Commission européenne, dans un communiqué publié vendredi 17 février.
Un compromis de dernière minute a été obtenu lors de la réunion de la CIATT, qui s’est achevée le 10 février à La Jolla (Californie), sur les limites de captures pour certaines pêcheries en 2017, mais l’accord « n'est pas à la hauteur » de ce qui serait nécessaire pour garantir une gestion durable à long terme des stocks de thonidés, poursuit la Commission. En outre, elle regrette la hausse des capacités de pêche au sein de cette organisation régionale de pêche, alors que l'UE a mis sur la table, en vain, un programme de réduction des capacités.
Les scientifiques ont recommandé de fermer la pêche au thon obèse et à l'albacore pendant 87 jours. L'UE a appuyé cette proposition, mais la majorité des membres de la CIATT ont jugé cette mesure inacceptable. La CIATT a décidé seulement de fixer des totaux admissibles de captures (TAC) pour ces deux espèces lorsqu’elles sont capturées au moyen de dispositifs de concentration de poisson (DCP) et un TAC pour l'albacore pour les pêcheries associées aux dauphins.
Aucune limite n'a été imposée pour d’autres activités de pêche qui continueront d'être soumises à la fermeture actuelle de 62 jours par an, « malgré une forte augmentation des prises » s’agissant de ces pêches, déplore la Commission. « Cette solution n'est pas satisfaisante », jugent les services du commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, car elle risque d'encourager la ‘pêche olympique’, une course pour les captures des poissons qui est « difficile à mettre en œuvre et à contrôler ». En outre, cette mesure ne s'appliquera qu'en 2017, sans tenir compte de la gestion à long terme des stocks concernés.
L'UE encourage la CIATT (qui compte, parmi ses membres notamment les États-Unis, le Belize, le Canada, la Chine, la Colombie, le Costa Rica, l’UE, le Japon, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Pérou et le Venezuela) à adopter un plan de gestion des capacités et à prendre des mesures pour limiter le nombre de DCP utilisés dans la région. (Lionel Changeur)