L’Accord de Paris sur le climat du 12 décembre 2015, ratifié par l’Union européenne le 4 octobre 2016, est entré en vigueur vendredi 4 novembre, trois jours avant l’ouverture de la COP 22 (Marrakech, 7-18 novembre), une avancée dont l’Union européenne s’est aussitôt félicitée, consciente que l’heure de la mise en œuvre a sonné.
C’est à la concrétisation des engagements souscrits que s’attellera la COP 22 pour donner corps à cet accord universel visant à contenir le réchauffement climatique mondial nettement en dessous de 2 degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel, et à poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5° C. Rien n'est gagné puisque, même si les engagements sont tenus, c’est vers un réchauffement moyen de 2,9 à 3,5°C que s’oriente le monde. Le rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) sur l’écart à combler vient de tirer la sonnette d’alarme (EUROPE 11660).
« Il y a un mois, l’Europe déclenchait l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris. Aujourd’hui c’est une réalité. Maintenons l’élan pour la COP 22 », a déclaré le commissaire européen à l’Action pour le Climat et à l’Énergie, Miguel Arias Cañete, vendredi sur son compte Twitter. Selon lui, il est temps de passer à l'action.
À Marrakech, l'UE sera représentée par le ministre slovaque de l'Environnement, László Sólymos, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l'UE, et par M. Cañete.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de rester inactifs et il n'est pas dans nos habitudes de ralentir le cours des choses. Nous sommes prêts à mettre cette dynamique à profit pour accélérer les travaux relatifs à la transition vers une énergie propre, au sein de l'Union et dans le monde. Nous sommes disposés à œuvrer à tous les niveaux, y compris au niveau local, pour faire bénéficier les citoyens de cette transition », a assuré Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission chargé de l'Union de l'énergie, dans un communiqué.
La position de l’UE pour la COP 22 est arrêtée de longue date (EUROPE 11636, 11641). L’UE attend en particulier des avancées concrètes sur les éléments clés de l’Accord de Paris, y compris l'accès au financement pour les pays en développement ainsi que le développement et le renforcement des compétences et des processus nécessaires aux pays en développement pour mettre en œuvre leurs plans nationaux de lutte contre le changement climatique.
L'UE et ses États membres sont les plus grands contributeurs au financement public des 100 milliards de dollars par an promis aux pays en développement pour soutenir leurs efforts d'adaptation et d'atténuation à l'horizon 2020. Avec 17,6 milliards d’euros déboursés en 2015 – chiffre officiel communiqué avant la COP 22 (EUROPE 11654) - il totalisent près de la moitié des annonces de contributions au Fonds vert pour le climat, souligne la Commission européenne.
L'une des principales priorités de la COP 22 sera de renforcer l'action pré-2020, sachant que les contributions nationales annoncées par les pays en amont de la COP 21 couvrent l’après 2020. La rencontre de haut niveau sur l'action mondiale en faveur du climat du 17 novembre et les journées d'action thématiques qui seront organisées tout au long de la COP 22 permettront d'examiner les progrès accomplis dans le cadre des initiatives existantes et d'annoncer de nouveaux projets. (Aminata Niang)