La Méditerranée a un besoin vital de croissance et de création d'emplois et, pour ce faire, doit miser sur les microentreprises et l'économie numérique et favoriser l'innovation, a affirmé le Commissaire Johannes Hahn, jeudi 3 novembre, à l'occasion de la Semaine économique méditerranéenne de Marseille, organisée à l'initiative d'organisations locales du secteur privé (ANIMA, FEMISE, etc.). L’UE apportera son appui pour faire face à ces défis importants, a-t-il assuré.
Cinq millions d'emplois par an seraient à créer pour répondre aux nécessités actuelles et pour faire face à l'évolution démographique, a dit le commissaire dans son discours d'ouverture. Pour y répondre, une croissance additionnelle de 2,5% à 3,5%, au-delà de 6%, sera nécessaire. « L’objectif est ambitieux », reconnaît-il, tablant cependant sur l’apport que serait le développement du numérique accompagné de la promotion des microentreprises et des PME, lesquelles ont un « rôle crucial ».
L’impératif serait de « libérer le potentiel du secteur privé ». Mais « il reste encore beaucoup à faire », dit M. Hahn, citant à l’appui la Banque mondiale. Cette dernière affirme, dans son rapport sur le coût des affaires (‘Doing business 2015’), que « de nombreux pays partenaires méditerranéens souffrent toujours d'un environnement réglementaire et administratif faible qui entrave les entreprises nationales et internationales ». Cela nécessite aussi, selon le commissaire, de diversifier un commerce méditerranéen « principalement orienté vers l'Europe » et qui demeure faible entre les partenaires sud-méditerranéens eux-mêmes (5% du commerce euroméditerranéen) avec des flux d’investissements étrangers dans la région encore plus faibles.
Pour le commissaire Hahn, l’innovation technologique permettra de « créer de nouveaux services et produits, donner accès à de grandes quantités d'informations et élever la voix des citoyens », affirmant qu’il « ne fait aucun doute que la société durable de demain sera numérique ».
Il a détaillé ensuite l’ensemble des structures et des financements qu’il serait possible de mobiliser pour atteindre cet objectif stratégique. Deux milliards d’euros sont disponibles au titre de la Facilité d'investissement pour le voisinage, plus le programme d’investissement extérieur dont s’est dotée, cette année, la Commission, rappelle M. Hahn. (Fathi B’Chir)