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Bulletin Quotidien Europe N° 11661
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POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

Les régions demandent que les fonds MIE restants soient attribués aux régions périphériques

Alors que plus de 86% du budget 2014-2020 du Mécanisme d’interconnexion pour l’Europe (MIE) a déjà été utilisé, dont environ 95% au profit des 9 corridors, la Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM) demande instamment à la Commission et aux États membres que les crédits restants soient attribués aux régions périphériques, dans une position politique adoptée jeudi 3 novembre en assemblée générale.

« Le MIE est non seulement sous-doté, mais aussi mal orienté », a ainsi déclaré Bruno Retailleau, président du conseil régional des Pays de la Loire et de l’Arc atlantique de la CRPM, peu avant l’adoption du texte par l’Assemblée générale. Or l’enjeu est de taille : « il n’y a pas de croissance sans infrastructure qui favorise la mobilité », a-t-il expliqué, en marge de la session, à EUROPE. L’essor du numérique n'a en rien changé la donne, les biens devant être acheminés physiquement, a-t-il ajouté. Par conséquent, pour l’homme politique français, il est vital que les régions périphériques soient mieux connectées au centre qui, pour l’heure, continue de tirer pleinement profit des fonds MIE.

Le déséquilibre a été déjà dénoncé à plusieurs reprises par la CRPM (EUROPE 11516). Comme le rappelle l’organisation, le budget prévu pour la période 2014-2020 pour le Réseau transeuropéen de transport (RTE-T) par le biais du MIE, en plus d’avoir été concentré sur le centre et les principaux corridors, a été grevé de 2,2 milliards d’euros par le Plan Juncker. À la suite des trois appels à propositions (EUROPE 11575), il ne reste plus que 3 milliards d’euros, « ce qui est peu », a commenté M. Retailleau.

Le Parlement européen, à l’initiative de Renaud Muselier (PPE, français), devrait adopter d’ici trois mois une déclaration écrite encourageant la Commission européenne à opérer un rééquilibrage géographique et budgétaire du mécanisme. De son côté, la CRPM indique qu’elle développera, d’ici la mi-2017, une position sur le type d’instruments à promouvoir pour la période au-delà de 2020 en matière d’infrastructure de transport.

Autoroutes de la mer. Autre grande source d’inquiétude pour la CRPM : les autoroutes de la mer (AdM), qui souffrent également d’un angle mort en matière d’accessibilité des territoires. Ici, les régions réclament des mesures correctives dans le cadre du plan détaillé de mise en œuvre (‘Detailed Implementation Plan’ - DIP) de l’année prochaine pour inclure les critères nécessaires pour mieux intégrer les régions périphériques. Enfin, la CRPM exhorte la Commission européenne à présenter au plus vite une proposition pour un instrument européen pour remplacer l’ancien programme Marco Polo qui a été abandonné en 2013 (EUROPE 10889) ; ceci, afin de soutenir les services de transport maritime. (Pascal Hansens)

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