Le comité de prévention de la torture ou des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT) du Conseil de l’Europe a publié, mercredi 2 novembre, un rapport qui critique certains aspects de l'approche choisie par le gouvernement hongrois pour gérer la crise migratoire.
Fondé sur une visite effectuée en 2015, ce document salue, tout d'abord, la collaboration des autorités hongroises et signale que la majorité des ressortissants étrangers privés de liberté, qui ont été rencontrés, déclare avoir été traitée correctement. Il pointe toutefois ensuite un certain nombre d’insuffisances et des choix douteux pour gérer la crise.
Les insuffisances tiennent à des abus de langage, des comportements irrespectueux, des brutalités physiques et des conditions inappropriées dans certains centres de rétention. Le rapport s’attache notamment aux incidents survenus le 23 octobre 2015 à la prison de Nagyfa, située à la frontière serbe. Se plaignant de mauvais traitements, des détenus s’y étaient barricadés dans deux chambres après s’en être pris à du matériel. Le CPT réclame une enquête indépendante sur ces faits.
La Hongrie a été confrontée à des « circonstances particulières » avec près de 10 000 arrivées par jour lors de l’été 2015, rappelle le CPT. Mais, elle doit traiter dignement les ressortissants étrangers privés de liberté en vertu de la législation amendée qui érige le fait de traverser une barrière frontalière ou de l’endommager en infraction pénale. Il est dès lors demandé aux autorités hongroises de publier une déclaration officielle indiquant aux agents de police et aux gardes armés exerçant dans les centres d’asile et de rétention qu’aucune forme de mauvais traitement ne saurait être tolérée.
Principe qui a d’ores et déjà été rejeté par le gouvernement hongrois dans sa réponse au CPT publiée en même temps que le rapport. Celui-ci présenterait « une image fausse et négative ». Le gouvernement hongrois a aussi estimé qu'une telle déclaration officielle n’était pas nécessaire pour préciser aux membres des forces de police qu’ils doivent se conformer aux exigences des droits fondamentaux et que toute violation déclencherait des sanctions. (Véronique Leblanc)