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Bulletin Quotidien Europe N° 11644
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ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Ali Şahin défend une nouvelle fois au PE la réaction turque au coup d’État

Lors d’une visite surprise à la commission des affaires étrangères du Parlement européen, le vice-ministre des affaires européennes turc, Ali Şahin, a défendu, mercredi 12 octobre, les actions de son gouvernement en réponse à la tentative de coup d’État du 15 juillet.

Soulignant que cette tentative était imputable aux gülenistes, le ministre a expliqué qu’il fallait, après le 15 juillet, « remettre sur pied l’État et l’expurger de ses éléments terroristes ». Ainsi, le gouvernement a évoqué l’article 21 de la Constitution turque et évoqué l’état d’urgence. Selon M. Şahin, la situation a été gérée de façon démocratique. Il a rappelé que l’état d’urgence n’était pas « quelque chose d’étranger à l’Europe », précisant que « huit États membres ont différents stades d’état d’urgence », dont la France. « En Turquie, la situation est très grave sur tout le territoire, c’est probablement une situation qui est plus grave que celle qui a conduit la France à l’état d’urgence », a-t-il justifié.

Face à lui, les députés européens ont dénoncé les arrestations de nombreux juges, procureurs, la suspension de dizaines de milliers d’enseignants, la fermeture de nombreux médias ou encore les rapports faisant état d’abus et de torture en prison. Ils ont ainsi qualifié de « disproportionnée » la réaction du gouvernement turc. M. Şahin leur a répondu que « toute sorte de mécanismes de plainte sont en place, tout le monde peut acquérir une représentation juridique ».

Des organisations non gouvernementales ont pu prendre part à la deuxième partie du débat, en l’absence du ministre turc. Ainsi, Emma Sinclair-Webb, de Human Rights Watch, a qualifié la situation actuelle de « vague de répression très dure avec des répercussions pour des centaines de milliers de personnes ». Elle a dénoncé les détentions abusives, les représailles envers les familles et les proches des personnes soupçonnées d’être gülenistes ou d’avoir participé à la tentative de coup d’État, ou encore les détentions policières de 30 jours et les allégations de mauvais traitement en prison. « Il y a actuellement une atmosphère chargée de peur », a décrit Mme Sinclair-Webb. « Les mesures prises à la suite du coup d’État vont dans le sens de la répression contre toute sorte de personnes nullement concernées par la participation au coup », a-t-elle conclu.

Simone Gaboriau, de l’organisation européenne des magistrats (MEDEL) a dénoncé le sort réservé aux magistrats, dont 3390 ont été révoqués, sans que l’on sache si un recours à la procédure de révocation sera possible. « Déjà, depuis plusieurs années, nous n’avons cessé de dire que l’État de droit qui, pourtant, avait beaucoup avancé, recule. (…) Il ne s’agit pas d’une plainte corporative, mais de dire que la justice n’est plus indépendante, plus impartiale, et qu’il n’est pas possible d’avoir un procès équitable», a-t-elle souligné. (Camille-Cerise Gessant)

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