L’UE, en l’occurrence la Commission européenne, et la Tunisie ont entamé, ce mercredi 12 octobre à Tunis, des négociations sur un accord de mobilité qui prévoit la facilitation des « visas de court séjour » au profit de catégories particulières de Tunisiens (hommes d’affaires et professions libérales, étudiants, médias, etc.), en contrepartie de l’engagement de la Tunisie à signer un accord de réadmission.
Les deux parties auront, sur ce sujet épineux, généralement mal admis par la plupart des pays de la région, à « définir les procédures à suivre (...) en vue de clarifier, de simplifier et d'accélérer la coopération dans ce domaine ». La Tunisie, comme déjà le Maroc, dont les négociations sur la réadmission n’ont toujours pas abouti, n’accepterait le rapatriement que de ses seuls ressortissants. Les pays du Maghreb sont le passage obligé de l’émigration subsaharienne.
Dans sa ‘communication’ du 29 septembre 2016, qui sera examinée par le Conseil le 17 octobre prochain, la Commission soulignait « l'importance d'intensifier la coopération avec la Tunisie dans le domaine de la migration ». Pour Dimitris Avramopoulos, commissaire chargé de la Migration, « la conclusion d'un accord de réadmission contribuera à mieux prévenir le risque d'immigration irrégulière en provenance de la Tunisie, ainsi qu'à gérer ses conséquences ».
La Commission envisage « une approche intégrée et globale » qui consistera à « renforcer la résilience dans un contexte socio-économique et de sécurité fragile, marqué par un chômage élevé, surtout chez les jeunes Tunisiens » ; en clair, endiguer les flux migratoires difficiles à contrôler.
L’intention de négocier un tel accord a été affirmée dans une déclaration conjointe (3 mars 2014) signée en même temps par dix États membres (Belgique, Danemark, Allemagne, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Suède, Royaume-Uni) et la Tunisie. La société civile est impliquée dans la négociation. Des réunions ‘tripartites’ (UE-Tunisie et associations) ont eu lieu le 22 avril et lundi 10 octobre pour clarifier les enjeux.
Pour rapprocher les points de vue, un projet, baptisé 'Lemma - Ensemble pour la mobilité', doté de 5 millions d’euros, a été octroyé par Bruxelles pour « une coopération renforcée entre administrations publiques européenne et tunisienne ». La Commission indique que « des actions en cours au niveau bilatéral et régional » seront « bientôt complétées par un soutien important à la Tunisie dans le cadre du ‘fonds fiduciaire d'urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique’. Le sujet est encore en discussion ». (Fathi B’Chir)