La Grèce doit être en mesure de reprendre au plus vite les transferts de demandeurs d’asile au titre du règlement dit de 'Dublin' et la Commission européenne fera le point sur cette possibilité à la fin 2016, a indiqué le commissaire européen à la Migration, Dimitris Avramopoulos, mercredi 28 septembre.
Toutefois, cet exercice ne devra pas représenter un fardeau supplémentaire pour ce pays de première entrée où 60 000 personnes attendent le traitement de leur dossier et il devra se faire graduellement. « On verra en fin d’année si les conditions de retour, de reprise des transferts sont réunies », a dit le commissaire, pour qui les décisions seront prises « au cas par cas ». Mais en aucun cas il ne s’agira de surcharger la Grèce qui est « déjà à la limite de ses capacités d’accueil », a prévenu M. Avramopoulos.
Le règlement de 'Dublin' introduit le principe du pays de premier entrée selon lequel les autres États membres peuvent renvoyer vers un pays, la Grèce en l’occurrence, les demandeurs d’asile qui y ont été enregistrés pour la première fois. Ce principe n’est pas modifié par la révision en cours du règlement (EUROPE 11546).
Le ministre de l’Intérieur allemand, Thomas de Maizière, a récemment expliqué que son pays attendait que la Grèce puisse redevenir opérationnelle pour ces opérations de transferts le plus tôt possible (EUROPE 11616).
Mercredi, la Commission a adopté une troisième recommandation à la Grèce devant lui permettre de revenir dans le système de 'Dublin'. Dans cette troisième recommandation, elle note qu’en dépit de conditions très difficiles, Athènes fait des efforts et améliore son système d'asile. La Grèce a lancé un vaste exercice de pré-enregistrement des demandeurs d’asile et a, entre autres, adopté une loi sur l’aide juridique. Elle a aussi renforcé sa capacité d'accueil globale, doublé la capacité du service d'asile, établi de nouvelles instances de recours et adopté de nouvelles dispositions législatives sur l'aide juridique gratuite et sur l'éducation des demandeurs d'asile et des réfugiés d'âge scolaire.
« Des progrès supplémentaires restent toutefois nécessaires, notamment en ce qui concerne les structures d'accueil, l'accès aux procédures d'asile et les structures pour demandeurs vulnérables, avant de pouvoir envisager une reprise des transferts vers la Grèce dans le cadre du règlement de Dublin », note l'institution européenne dans sa recommandation. Toute reprise future de ces transferts devrait aussi tenir compte de l'impact de cette situation difficile sur le fonctionnement général du système d'asile et devrait donc s'amorcer « progressivement, au cas par cas ». (Solenn Paulic)