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Bulletin Quotidien Europe N° 11634
POLITIQUES SECTORIELLES / Jai

La relocalisation des demandeurs d'asile doit être mise en œuvre partout dans l'UE, assure la Commission

Le mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile « fonctionne », les « résultats le montrent » et les États membres ont la responsabilité de mettre en œuvre les « décisions prises ». Le commissaire européen chargé de la Migration, Dimitris Avramopoulos, a défendu, en ces termes devant la presse européenne, le mécanisme de relocalisation d’urgence de 160 000 demandeurs d’asile, mercredi 28 septembre.

Adopté en septembre 2015, ce mécanisme a été malmené ces derniers temps par diverses déclarations de responsables européens, et attaqué de manière virulente par les pays du groupe de Visegrad (Slovaquie, République tchèque, Hongrie et Pologne) qui veulent lui substituer le concept de « solidarité flexible » en matière d'accueil de migrants.

Le 14 septembre, c’est Jean-Claude Juncker qui avait suscité le doute en déclarant que la solidarité en matière d’accueil des réfugiés ne pouvait pas être imposée et en jugeant, une semaine plus tard, que la solidarité pouvait s’exprimer sous d’autres formes.

Mardi 27 septembre lors d’un débat avec le président du PE, Martin Schulz, M. Juncker a toutefois redit son attachement au mécanisme de relocalisation, qui est contraignant pour les pays membres, et critiqué certains États membres qui n’assument pas leurs responsabilités en la matière. Le président de la Commission a notamment blâmé le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a décidé de tenir un référendum le 2 octobre sur les futures politiques migratoires de l’UE et qui, selon M. Juncker, devrait cesser de « diviser l’UE ».

Reste qu’en dépit des assurances données mercredi 28 par le commissaire Avramopoulos, selon lesquelles la Commission ne change pas de cap en matière de politique des quotas, le succès de la relocalisation reste très modeste à ce jour, avec seulement 5 651 personnes relocalisées depuis la Grèce (4455) et l’Italie (1196).

La Commission voit toutefois comme un succès et un signe encourageant le fait que 1202 relocalisations aient eu lieu au cours du mois de septembre, le « chiffre le plus élevé atteint jusqu’ici ». La Commission estime même possible que 30 000 personnes soient relocalisées depuis la Grèce d’ici à la fin de l’année dans les autres États membres. « Les efforts consentis par l’Italie et la Grèce, les États membres de relocalisation, les agences de l’UE et les organisations internationales se sont traduits par un taux de relevé des empreintes digitales proche de 100 %, un renforcement de la sécurité, une forte augmentation du nombre de candidats à la relocalisation et une accélération substantielle des transferts, surtout de ceux qui ont été effectués à partir de la Grèce ces derniers mois », écrit l’institution dans un communiqué.

« Les États membres devraient poursuivre sur la lancée de ces résultats encourageants. Grâce au renforcement des capacités du service d'asile grec et, si les États membres intensifient leurs efforts, il devrait notamment être possible de relocaliser les candidats à la relocalisation qui se trouvent encore en Grèce (60 000 personnes environ dont 30 000 de nationalité éligible pour une relocalisation) d'ici la fin de l'année prochaine », recommande-t-elle.

Interrogé sur le concept de « solidarité flexible » avancé par les pays de Visegrad et le refus de ces pays d’accueillir des demandeurs d’asile (la Slovaquie en a accueilli 3 venant de Grèce), le commissaire Avramopoulos a réitéré que tous les États membres étaient tenus à leurs obligations légales. La loi européenne « n’est pas optionnelle et ce que les États membres ont décidé ensemble doit être mis en oeuvre », a-t-il encore insisté. Le commissaire a aussi jugé que « les différentes formes de solidarité ne signifiaient pas un changement de politique, au contraire ». Une formule quelque peu ambiguë, qui pourrait aussi vouloir dire qu’une contribution différente apportée par les pays de Visegrad ne nuirait pas aux objectifs généraux pousruivis par la Commission en matière d’accueil des demandeurs d’asile.

Le prochain test sera le référendum hongrois du 2 octobre, qui ne porte pas sur les décisions de relocalisation de 2015 (celles-ci sont contestées devant la Cour de Justice de l'UE par Budapest et Bratislava), mais sur les futures politiques reposant sur un système de répartition obligatoire par quotas. Une telle proposition figure notamment dans la proposition de révision du règlement de Dublin actuellement sur la table du Conseil et du PE.  (Solenn Paulic)

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