La réunion ministérielle de l’UpM (Union pour la Méditerranée) sur l’emploi et le travail, lundi 26 et mardi 27 septembre, organisée sous la coprésidence de Marianne Thyssen, commissaire aux Affaires sociales, à l’Emploi et à la Mobilité, aux côtés du ministre jordanien, Ali Al-Ghezawi (EUROPE 11631), s'est focalisée sur le défi que représente la désespérance des jeunes sans emploi et qui renforce les flux migratoires.
Le Secrétaire général de l’UpM, Fathallah Sijilmassi, y a participé, mais aucune information n’est donnée à ce stade sur le nombre de ministres européens et méditerranéens. Le contexte dans la région influe fortement sur l’état de la coopération euro-méditerranéenne qui traverse, selon Mme Thyssen, des « temps turbulents ».
À l’ouverture de la session formelle, mardi, Mme Thyssen a rappelé l’actualité, pressante en matière d’emploi, avec le constat que 50% de la jeunesse méditerranéenne vit sans l'espoir d’un travail : « nous ne pouvons pas nous permettre une génération perdue, nous ne pouvons pas nous permettre des jeunes désabusés », a dit la commissaire. Face à ce défi, il faut être « audacieux et créatifs », a-t-elle affirmé en se référant abondamment dans son discours à la crise des réfugiés, estimant que l'UE « est un partenaire engagé pour résoudre la crise des réfugiés dans la région ».
Mme Thyssen demande à rechercher des pistes de coopération entre les deux rives, « malgré le contexte », afin de donner un « nouvel élan à la coopération » dans le cadre de l’UpM, même si celle-ci a connu, selon elle, « des hauts et des bas » : « le printemps arabe, la crise économique et financière » et les conflits dans le monde arabe ont suscité des « temps turbulents sur les deux rives » de la Méditerranée.
Répondant par avance aux objections, elle a demandé : « qui a dit que ce serait facile ? ». Il est « important dans ces temps difficiles, de mobiliser toutes les parties prenantes », y compris les partenaires sociaux euroméditerranéens qu’elle a rencontrés la veille et qui ont publié une déclaration commune appelant au « dialogue social ». Mme Thyssen a salué cet engagement commun des organisations d’employeurs et des travailleurs et promet de prêter plus d’attention à la jeunesse et à l’emploi des femmes qui, dans la région, demeure « très faible ».
Les partenaires sociaux ont transmis leur déclaration et y affirment qu’en tant que « régions voisines, l’Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée sont liés et influencés par les mêmes tendances et défis d’envergure mondiale ». Soulignant l’importance du dialogue social, elles observent qu'il doit être adapté au contexte de chaque partie et encadré juridiquement, en tenant compte aussi du fait que « les deux régions ont été davantage touchées que d’autres par les dernières crises financière, économique et migratoire, et qu’elles ont récemment connu une reprise économique relativement lente et fragile par rapport aux autres régions du monde ». (Fathi B’Chir)