Le Parlement européen souhaite que l’UE soit ambitieuse lors de la dix-septième conférence des parties (COP 17) à la Convention internationale sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES, Johannesburg, 24 septembre – 5 octobre).
En témoigne la résolution adoptée, jeudi 15 septembre à Strasbourg, sur cette conférence, à laquelle l'UE participera, pour la première fois, en tant que partie à la Convention.
La CITES a pour objectif de veiller à ce que le commerce international de la faune et de la flore sauvages ne constitue pas une menace pour la survie des espèces dans la nature. L’enjeu est de taille, car il s’agit de s’attaquer efficacement au quatrième réseau criminel international au monde (après ceux de la drogue, du trafic des êtres humains et des armes) qui décime la biodiversité mondiale, rappelle le Parlement. Sans compter que l’UE est un important marché de transit et de destination pour le commerce illégal d’espèces d’oiseaux, de tortues, de reptiles et de plantes menacées d'extinction.
Le Parlement soutient les propositions faites par l’UE et ses États membres, en particulier les propositions de résolutions relatives à la corruption et aux trophées de chasse, l’extension de la protection offerte par la CITES à plusieurs espèces importées dans l’UE, notamment comme animaux de compagnie.
La corruption jouant un rôle central dans ce marché noir et pouvant être décelée à tous les maillons de la chaîne du commerce d’espèces sauvages, les députés soulignent que des mesures anticorruption fortes et efficaces sont d’importance capitale. Le Parlement se félicite du plan d’action dont s’est dotée l’UE pour endiguer ce trafic juteux et prie instamment l’UE et ses États membres de le mettre en œuvre en témoignage de leur engagement (EUROPE 11577).
Les députés appellent aussi l’UE à adopter une législation qui permette de réduire le commerce illicite en rendant illégaux l'importation, l'exportation, la vente, l'acquisition ou l'achat d'animaux ou de plantes sauvages pris, possédés, transportés ou vendus en infraction à la loi du pays d'origine ou de transit.
Ils encouragent l’UE à interdire l'exportation et l'importation d'ivoire ainsi que toute vente ou tout achat commercial d'ivoire au sein de l'Union. Le doublement du nombre d’éléphants d’Afrique illégalement abattus au cours de la dernière décennie entraîne un déclin de l’espèce sur tout le continent, soulignent-ils. Au sein de l’UE, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni ont déjà interdit l’exportation d’ivoire brut, aussi les États membres sont-ils invités à leur emboîter le pas.
Conscients que de nombreuses espèces visées par la chasse aux trophées connaissent un grave déclin de leurs populations, les eurodéputés soutiennent l’initiative de la Commission européenne visant à adopter des lignes directrices mondiales sur cette chasse dans le cadre de la CITES.
Alors que le marché des animaux de compagnie exotiques connaît une croissance au niveau mondial et au sein de l’UE, et menace un grand nombre de reptiles, amphibiens, oiseaux, poissons et mammifères, le PE appelle les États membres de l’UE à définir une liste positive d’espèces autorisées comme animaux de compagnie, interdisant de facto toutes les espèces non listées. Les eurodéputés Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais) et Catherine Bearder (ADLE, britannique) se rendront à Johannesburg pour la COP17 de la CITES. (Aminata Niang)