Le Maroc a opté pour la sobriété dans ses commentaires sur le déroulement de l'affaire concernant le Sahara occidental à la Cour de justice de l'Union européenne, après la publication des conclusions de l’Avocat général, qui lui sont pourtant peu favorables (EUROPE 11623).
En attendant l'arrêt de la Cour, qui devrait être rendu dans environ deux mois, les autorités marocaines ont surtout souhaité mettre en avant les points qui confortent leur position, en premier lieu la nullité de l’arrêt du Tribunal de l’UE de décembre 2015, objet du recours par le Conseil de l'UE et, surtout, le fait que le Front Polisario n’aurait « aucune qualité ou légitimité pour représenter les intérêts économiques de la population ». Le Maroc s'abstient cependant de commenter l’appréciation, explicite, que le territoire sahraoui ne devrait pas être considéré comme appartenant à son propre territoire.
« Les conclusions de l’Avocat général sont claires et nettes », a estimé pour sa part l’eurodéputé socialiste Gilles Pargneaux (français), qui est président du groupe parlementaire d'amitié UE-Maroc. « La plainte du Polisario est irrecevable (et) c’est la principale information qu’il faut retenir » de ces conclusions, a-t-il dit. Pour lui, cette irrecevabilité est « une bonne nouvelle », car cela prouve que « le Front Polisario est loin d’être l’unique représentant du peuple sahraoui ».
Pour M. Pargneaux, « il est temps de mettre une fin à cette affaire qui empoisonne nos relations avec un partenaire majeur comme le Maroc. Coopération sécuritaire, partage de renseignements, partenariat pour le développement économique, coopération énergétique, lutte contre le changement climatique, voilà les thématiques qui devraient bien plus être au cœur de notre projet commun pour l’Europe avec le Royaume du Maroc ». (Fathi B’Chir)