Les députés européens se sont montrés peu impressionnés par les résultats du Sommet du G20 qui s’est tenu en Chine début septembre lors d’un débat qui se tenait en session plénière du Parlement européen à Strasbourg, mardi 13 septembre (EUROPE 11616).
C’est la Française Françoise Grossetête (PPE) qui a ouvert la charge : l’issue du G20 a été « riche en déclaration de principe, mais n’a pas convaincu sur le plan des faits ». Elle aurait aimé voir plus que des « demi-mots » sur la question de la crise des réfugiés, du changement climatique ou encore de la guerre en Syrie. Même son de cloche du côté du député Pavel Telicka (ADLE, tchèque), qui a estimé que reconnaitre le problème n’était pas suffisant en ce qui concerne la crise des réfugiés. Il s’est par ailleurs demandé comment l’UE pouvait être crédible en réaffirmant son engagement envers le libre échange quand certaines voix « en France et en Allemagne » plaident pour un arrêt des négociations de libre-échange UE/États-Unis (TTIP).
Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières et à la Fiscalité, Pierre Moscovici, a dit pouvoir comprendre les frustrations des députés. Le G20 a surtout été créé pour débattre et « pour parvenir à un certain nombre d’orientations », ce n’est pas un lieu d’où sortent « des conclusions extrêmement opérationnelles », bien que cela puisse arriver. « Je crois qu’il ne faut pas sous-estimer la qualité de cette réunion (…), nous avons obtenu des résultats qui renforcent un certain nombre de nos priorités, comme la lutte contre l’évasion fiscale », a-t-il expliqué. L’Europe est déjà en force autour de la table, puisqu'elle est la première économie du monde. Un autre facteur important, a-t-il rappelé est qu’en décembre, l’Allemagne prendra la présidence du G20. Il a dit en attendre beaucoup de cette présidence qui, par définition, « connait et partage les priorités » de l'UE. (Élodie Lamer)