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Bulletin Quotidien Europe N° 11623
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Turquie

Les députés européens inquiets de la situation de l’État de droit

Les députés européens, tout en dénonçant la tentative de coup d’État en Turquie, se sont inquiétés, lors d'un débat en session plénière à Strasbourg, de la situation de l’État de droit dans ce pays, revenant sur les purges qui ont suivi cette tentative.

« La situation nous préoccupe », a résumé, au nom du S&D, la Néerlandaise Kati Piri – également rapporteur sur la Turquie pour le Parlement européen - précisant avoir du mal à voir le lien entre des journalistes et les responsables du coup d’État ou encore le motif qui permet de remplacer des maires élus par des mandataires. « La démocratie turque a la possibilité de se sortir renforcée de la situation en acceptant la pluralité des médias, en travaillant avec toutes les forces politiques pour les réformes nécessaires et en ayant l’état de droit comme clé pour poursuivre les auteurs du coup d'État en justice », a-t-elle ajouté. Une justice mise au premier plan par Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) selon laquelle l’UE doit agir pour que les juges précisent l'identité des responsables du putsch. « Les poursuites par la justice doivent être proportionnées ; or, ce que nous observons n’est plus proportionné, cela ne participe plus du tout à l’état de droit », a-t-elle ajouté.

L’Allemand Elmar Brok, au nom du PPE, a estimé que l'application de l’état d’urgence devait être suivie de près et que la mission de suivi du Conseil de l’Europe aurait beaucoup d’importance. « Il ne faut pas donner l’impression (au président turc Recep Tayyip Erdogan, NDLR) qu’il peut continuer sur cette voie qui est peu démocratique », a souligné, au nom de la GUE/NGL, le Chypriote Takis Hadjigeorgiou. Pour le Grec non inscrit Georgios Epitideios, avec le coup d’État « Erdogan est devenu un dictateur dans son pays, alors qu’à l’extérieur, il passe pour un défenseur des libertés ».

Pour le Britannique Charles Tannock au nom du CRE, si la Turquie a subi une tentative de coup d’État et des menaces sur sa sécurité, cela ne lui donne pas pour autant « carte blanche » « pour arrêter et limoger tous les opposants politiques » et pour utiliser la violence contre les populations kurdes. Un point de vue partagé par l’Italien de l’ELDD Fabio Massimo Castaldo : « la Turquie, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, est en train d'emprisonner toute une série de personnes qui n’ont rien à voir avec cela ». « Que faut-il faire ? Quand va-t-on remettre en question cette adhésion qui est un échec. Erdogan est devenu le droit de l’État et non plus l’État de droit. L’Europe doit dire non au chantage turc », a-t-il exhorté.

D’autres députés se sont aussi prononcés en faveur d’un arrêt des négociations d’adhésion. « Il faut avouer une chose, le processus d’adhésion a échoué. C’est l’enlisement. (…) Il serait temps d’être respectueux les uns envers les autres et de remplacer le processus d'adhésion par un autre processus », a expliqué Alexander Graf Lambsdorff (allemand), au nom de l’ADLE. « Il faut parler à la Turquie de manière franche et ferme. Pour cela, il faut arrêter les négociations d’adhésion sinon votre (sic) Parlement légitimera de faux espoirs et donnera un soutien au satrape Erdogan », a aussi souligné le Français Jean-Luc Schaffhauser, pour l’ENL.  (Camille-Cerise Gessant)

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