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Bulletin Quotidien Europe N° 11616
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Scandale Volkswagen, Janez Potocnik a bataillé ferme devant le PE pour se mettre hors de cause

L’ancien commissaire à l’Environnement, Janez Potocnik (2010-2014), a été longuement auditionné par les députés de la commission d’enquête sur le scandale Volkswagen, lundi 5 septembre, mais s'en est tenu fermement à sa ligne de défense, affirmant avoir fait de son mieux lorsqu'il était commissaire et profitant de l'occasion pour subtilement attaquer son ancien collègue à l’Industrie.

M. Potocnik a mené une audition dynamique et parfois acerbe, n’épargnant personne ni aucune institution, critiquant tour à tour l’industrie automobile, qualifiée de « fondamentalement irresponsable et stupide » pour s’être compromise dans des pratiques frauduleuses, les États membres, les députés du Parlement européen, ou encore les médias. « Il est très confortable de parler aujourd’hui de ce qui a été fait hier » a-t-il à un moment lancé au député Wim van de Camp (PPE, néerlandais), qui l’interrogeait sur son manque d’action pour faire remonter ses inquiétudes sur les différences entre les tests mesurés en laboratoire et ceux en conditions réelles, avant de répéter ses arguments de défense.

Et le commissaire en avait préparé un certain nombre. Parmi les principaux arguments posés, celui de son portefeuille a été l’un des plus martelés. En tant que commissaire à l’Environnement, il était responsable de la qualité de l’air et non des normes européennes en matière d’émissions ; ce dernier dossier incombant au  commissaire à l’Industrie, Antonio Tajani. Pour M. Potocnik, les causes des dépassements des normes européennes en matière de qualité de l’air par les États membres sont en outre multiples et ne peuvent être réduites au seul secteur de l’industrie automobile.

Surtout, le commissaire a répété ne jamais avoir eu connaissance des dispositifs d’invalidation, rejoignant l’argumentaire exposé par ses anciens collègues (EUROPE 11613). Partant, « il est problématique de déclarer quelqu’un responsable pour quelque chose qu’il ou elle ignorait » a-t-il conclu. Seule concession faite, le commissaire a reconnu qu’il n’avait pas été assez insistant pour défendre son portefeuille, faisant là certainement référence une nouvelle fois à M. Tajani.

M. Potocnik avait en effet signalé dès février 2013 les suspicions croissantes laissant penser que les constructeurs automobiles contournaient la législation en vigueur. En outre, à l’époque, le commissaire à l’Environnement s’était inquiété du manque d’action de la Commission pour prendre à bras le corps cette question, critiquant en creux la passivité de la DG Entreprises et Industrie. Les relations entre la DG Environnement et celle aux questions industrielles auraient été  tendues. « Ça fait partie de la vie », a commenté Potocnik, expliquant que certains services défendent certains intérêts plutôt que d’autres.

Un article du journal allemand Der Spiegel daté du 5 septembre 2016 - ou encore du journal européen EUobserver du 2 septembre, tendrait à montrer que les services de M. Tajani avaient subi une forte pression des constructeurs pour ne pas poser de contraintes environnementales « excessives ».  Pour rappel, M. Tajani avait fait adopter un moratoire en 2012 pour éviter les règles qui auraient eu un impact excessif sur la compétitivité de l’industrie européenne. Là encore, le commissaire a lancé une pique à son ancien collègue. « Mieux légiférer ne veut pas dire moins légiférer », a-t-il déclaré lors de son intervention. (Pascal Hansens)

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