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Bulletin Quotidien Europe N° 11616
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Malgré les désaccords, Européens et Turcs conviennent de renforcer leur dialogue

La Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, tout comme le ministre turc des Affaires européennes, Ömer Çelik, ont souligné, samedi 3 septembre, lors de deux conférences de presse distinctes à l’issue de la réunion ministérielle informelle des Affaires étrangères ('Gymnich') à Bratislava, que les Européens et les Turcs devaient renforcer leur dialogue, malgré les désaccords.

« Nous devons parler moins les uns des autres, mais plus l'un à l’autre », a expliqué Mme Mogherini, faisant écho aux propos similaires, exprimés au même moment, par M. Çelik.  Les ministres ont d’ailleurs joint les actions à la parole : alors que la rencontre sous forme de petit déjeuner devait durer une heure, elle a, en réalité, duré plus de deux heures.

Renforcer les relations …

Les deux parties ont souhaité montrer que leurs relations étaient bonnes. « Le principal message que nous partageons tous avec notre ami turc est d’abord un réengagement fort à dialoguer », a expliqué Mme Mogherini, précisant qu’il n’y avait pas de « tabou » dans leur dialogue. « Les relations entre la Turquie et l’UE ne devraient pas se limiter au terrorisme ou à la migration, cela devrait être plus et être fondé sur un agenda positif » reposant sur les valeurs politiques communes, a expliqué pour sa part M. Çelik, précisant qu’il était ressorti de la rencontre avec les ministres des Vingt-Huit un « fort consensus pour se concentrer sur un agenda positif et une coopération renforcée ». Or, si selon Mme Mogherini la réunion s’est tenue dans une « atmosphère positive », les sujets de tensions restent nombreux.

… qui ne sont pas exemptes de critiques

Bien que les ministres des États membres aient une nouvelle fois exprimé leur condamnation du coup d’État et leur « solidarité et sympathie » avec la population et les institutions turques, le ministre turc leur a rappelé que la Turquie avait été déçue par leur réaction. « La solidarité exprimée n’a pas été suffisante », a-t-il estimé, ajoutant que « l’UE avait envoyé un message faible en direction de la démocratie ». Face aux critiques concernant la réponse au coup d'État, M. Çelik a expliqué que les autorités ne couraient pas « après la revanche, mais après la justice ». Pour lui, « le peuple turc a démontré que la Turquie était une démocratie de première classe » et « un pays gouverné selon l’État de droit ». Rappelant que les Turcs avaient risqué leur vie pour empêcher le succès du coup d'État, il a jugé que « personne ne pouvait venir et apprendre la démocratie aux Turcs ».

Le ministre turc a aussi qualifié de « manque de vision » les déclarations de certains dirigeants européens appelant à l’arrêt des négociations d’adhésion et déclaré qu’elles pouvaient « mettre le futur de l’UE en péril » (EUROPE 11615).

Alors que Mme Mogherini a précisé que tous les accords conclus entre l’UE et la Turquie devaient continuer à être respectés et que le travail continuait sur la libéralisation des visas, l’approfondissement de l’union douanière, la gestion des flux de réfugiés, mais aussi les relations économiques et énergétiques, M. Çelik a fait part de son agacement concernant la libéralisation des visas pour les Turcs. « Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de libéralisation des visas, la Turquie ne sera pas en mesure de prendre des mesures supplémentaires » concernant la migration, a-t-il prévenu. Le ministre a expliqué que son pays allait continuer de mettre en œuvre l’accord conclu en mars avec l’UE, mais il a estimé que, face aux nouvelles vagues de réfugiés qui pourraient arriver, un nouvel accord - qui prendrait à la fois en compte les aspects politiques et humanitaires - serait nécessaire.

M. Çelik a aussi très clairement expliqué qu’alors que la Turquie faisait face à des menaces terroristes et était la cible d’attaques, « il n’était pas rationnel d’attendre des changements dans la loi antiterroriste turque », et que son pays n’allait pas prendre des mesures qui affaibliraient la lutte contre le terrorisme. Il a cependant précisé qu’Ankara pouvait prendre des engagements sur des mesures à mettre en place dans le futur. Des modifications dans cette loi sont l'un des critères pour obtenir la libéralisation des visas. (Camille-Cerise Gessant)

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