Les pays du G20 ont convenu, lors du sommet de Hangzhou (Chine), dimanche 4 et lundi 5 septembre, de mettre en place un forum mondial sur les surcapacités mondiales dans le secteur de l'acier, piloté par l'OCDE et dont un rapport d'étape est attendu en 2017.
Les dirigeants du club des vingt principales économies de la planète se sont accordés pour reconnaître que les surcapacités de production dans certains secteurs industriels, en particulier l'acier, aux « effets négatifs sur le commerce et les travailleurs », représentaient un « enjeu mondial » nécessitant des « réponses collectives », souligne la déclaration finale du sommet. Ils ont aussi reconnu que les subventions et d'autres aides fournies par les États ou des organismes soutenus par les États pouvaient créer des distorsions sur les marchés et contribuer aux surcapacités.
Les pays du G20 se sont donc engagés à « renforcer la communication et la coopération et prendre des mesures efficaces pour traiter ces enjeux afin d’améliorer le fonctionnement du marché et favoriser un ajustement », notamment à travers un forum mondial sur les surcapacités d'acier qui sera piloté par l'OCDE avec leur participation active.
Pointée du doigt comme le premier responsable des surcapacités dans l'acier en octroyant avec largesse des subventions à ses aciéristes qui sont souvent des groupes étatiques, la Chine, non mentionnée dans la déclaration finale, a donc accepté de participer à ce forum.
Les discussions en cours au sein de l'UE sur l'octroi du statut d'économie de marché par l'UE à la Chine et le calcul des marges antidumping à lui appliquer ainsi que la détermination montrée par les pays du G7, lors du sommet d'Ise-Shima, en mai, à agir rapidement dans ce dossier - les États-Unis ayant relevé à des taux prohibitifs leurs droits de douane sur certains produits chinois en acier tandis que l'UE a multiplié ses mesures antidumping visant des produits chinois en acier - ont, sans nul doute, contribué à encourager Pékin à faire preuve d'une coopération accrue dans ce dossier.
Apaiser le ressentiment contre la mondialisation. Plus globalement, les dirigeants du G20 ont réaffirmé leur engagement en faveur du libre-échange et contre le protectionnisme, convenant aussi de mieux communiquer et distribuer les gains du commerce et de l'ouverture des marchés.
Jugeant la progression du commerce et de l'investissement nécessaire pour consolider la croissance mondiale, mais notant avec « préoccupation » sa faible croissance au niveau mondial, les pays du G20 se sont engagés à « promouvoir une économie mondiale ouverte par la facilitation et la libéralisation du commerce et de l’investissement ».
À cet égard, ils ont réaffirmé leur « détermination » à garantir un système commercial multilatéral fondé sur des règles, transparent, non discriminatoire, ouvert et inclusif, où l'OMC joue un rôle central, et leur engagement à faire avancer les négociations sur les sujets pendants du round de Doha, convenant aussi de discuter à l'OMC des sujets nouveaux, tels que le commerce électronique.
Les membres du G20 participant aux négociations pour un accord sur la libéralisation des biens environnementaux ont réaffirmé leur objectif de conclure un accord d’ici fin 2016.
Ils ont aussi réaffirmé leur opposition à toute forme de protectionnisme et prolongé jusqu'à fin 2018 leur engagement de statu quo et de démantèlement des mesures restrictives.
Dans ce contexte, face à l'hostilité croissante, à l'échelle mondiale, à la mondialisation, les pays du G20 sont convenus que « le grand public devait être informé plus efficacement des bénéfices des échanges et de l’ouverture des marchés et que cette mesure devait être accompagnée de politiques nationales adéquates pour garantir une large distribution des bénéfices ». Le G20 est déterminé à combattre « les attaques populistes » contre la mondialisation en mettant plus l'accent dans ses discours sur les bénéfices du commerce mondial pour la population, a expliqué lundi la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
En matière d'investissement, les dirigeants du G20 ont entériné les principes directeurs de leur club de pays en faveur d'un cadre ouvert et transparent pour l'investissement à l’échelle mondiale.
Enfin, le G20 a apporté son soutien aux politiques encourageant les entreprises de toutes tailles, en particulier celles promouvant les femmes et les jeunes entrepreneurs, celles dirigées par des femmes et celles favorisant une meilleure intégration des pays en développement dans le commerce mondial, les encourageant à tirer pleinement parti des chaînes de valeur mondiales. (Emmanuel Hagry)